Une activité sportive par an, c'est l'objectif que je me suis fixé depuis la naissance de Filloute : course à pied, zumba, marche nordique, gymnastique Pilates... Cette année, c'est aquagym. Soyons clairs : le sport pour moi, c'est une hygiène de vie, pas une passion. Je me dis : "tiens, je vais faire du sport" de la même manière que je me dis : "tiens, il faut que j'envoie les papiers à la Sécu". C'est pour la bonne cause, quoi.
Cela dit, parmi tous les éléments, l'eau est le seul que je supporte ; le feu : je le pète trop, l'air : je n'en manque pas, la terre : j'ai déjà les pieds dessus. Donc finalement, je supporte l'eau, l'eau me supporte, et tout le monde est content. C'est qu'on arriverait presque à y prendre goût glou glou, à force.
Quand j'arrive à la piscine, je serre les fesses, je rentre le ventre, je prends mon courage à deux mains et je respire un grand coup pour faire les 5 mètres qui séparent la douche du petit bassin. Ce n'est pas le moment de rencontrer un élève, un parent d'élève, son chef, ou je ne sais qui d'autre. Très vite, mes complexes s'estompent : quiconque met un bonnet de bain connaît ce sentiment : l'humanité entière a une tête de gland avec un bonnet de bain. Cet accessoire est à la ménagère de plus de 40 ans ce que les Crocs sont à la haute couture. Ce soir, tout le monde il est moche, tout le monde il est gentil. C'est sûr, les nymphettes qui font de la natation synchronisée dans le grand bassin pendant qu'on rame avec nos frites en mousse polyéthylène, elles, elles sont ravissantes même avec un bonnet, mais bon, si la vie était juste, ça se saurait...

Après 45 minutes de mouvements fluides et légers, on sort de l'eau à toute vitesse, tels des pingouins piégés par la fonte prématurée de la banquise. Premier geste qui sauve : oter son bonnet de bain. On peut enfin retrouver sa dignité. Le reste, on s'en fout.

Aquagym

PS : les claquettes de maître nageurs, c'est pas mal aussi dans le genre sexy...