Retour de vacances pour Fiston2. 15 jours qu'il n'a pas vu son frère. Les retrouvailles sont des plus joviales. Les deux frérots discutent toute la soirée. Fierté de Daronne de voir sa progéniture ainsi complice. Le lendemain, les deux frérots se réveillent aux aurores, à 10h30 (eh oui, ce sont des z'ados...). Ils mettraient presque le couvert sans qu'on leur demande. Avec Monnome, on croit rêver. Tout juste s'ils ne débarassent pas avec le sourire. Je commence à trouver ça louche. A 14h, en plein cagnard, ils me demandent la permission d'aller "en ville" à vélo (15 kms aller-retour). Je suis ravie qu'ils se bougent, mais je leur rétorque qu'avec cette chaleur (37 degrés au bas mot), c'est presque dangereux. Ils me repondent qu'il y a des arènes en ville. - Des quoi ? - Des arènes pour Pokemon. - Hein ? - Mais si Maman, tu sais, le jeu Pokemon GO qui va bientôt sortir en France (on est en France !), on l'a téléchargé (c'est légal ça, si le jeu n'est pas encore sorti en France ?), et on attrape des Pokemon partout. A ce moment là, Fiston1 me dit : - T'en as un sur le genou ! - Un quoi ? - Bah, un Pokemon !
Alors c'est ça, la réalité augmentée ? J'aurais un Pokemon sur les genoux à l'insu de mon plein gré ? Nom de Zeus, c'est flippant.
Alors j'écoute mes fistons. De doux noms de cartes -à l'époque c'était les cartes- reviennent à mes oreilles, une octave plus bas (les z'ados ont mué depuis) : Dracaufeu, Bulbizarre, Evoli, Lucario, Magneti, Nidoran, Ronflex... Ces fameux "Pocket Monsters" que j'ai fustigés avant même de les connaître (- encore une invention de ces geeks de japonais !), puis sur lesquels je me suis penchée pour découvrir que c'était une invention assez chouette (- c'est vrai qu'ils sont mignons), pour finir convaincue que c'était pédagogique pour les gamins (- c'est génial, on révise nos racines latines en plus avec eux !).
Ces monstres sont plutôt pacifiques, ils ont des forces, des faiblesses (au diable la perfection), ils peuvent évoluer (métaphore de l'enfance, de l'adolescence et de l'âge adulte ?). Des dresseurs parcourent le monde pour en attraper le plus possible (d'où le slogan "Attrapez les tous") et les faire combattre dans des arènes dans lesquelles ils ne meurent même pas (au diable la violence), mais sont juste KO, et sont soignés si besoin dans une sorte d'hôpital pour Pokemon.
Alors certes, c'est étrange de voir tous ces vrais humains parcourir leur lieu de vacances, les yeux rivés sur leur portable, à la recherche de petites bestioles virtuelles, mais reconnaissons le, c'est un moyen pacifique, ludique et sportif (mes z'ados font presque 10 kms par jour à pied depuis qu'ils ont téléchargé l'application !) d'être geek.
Et comme je l'ai lu ces jours-ci dans un journal : "Nos mères veulent nous voir jouer dehors depuis 20 ans, Pokemon GO a réussi en un jour !"

Pikachu