Il n'y a plus de cérales pour le petit-déjeuner de Fiston1 & Fiston2.
Le constat est fait depuis 3 jours.
Je suggère aux z'ados d'aller se ravitailler à côté.
La suggestion est faite depuis 3 jours.
Rien ne s'est passé depuis.
Je réitère la suggestion.
Personne ne bouge.
Devant mon insistance, Fiston1 se met à faire ses devoirs, ce qui lui permet de dire : "Ben non Maman, je fais mes devoirs" (pas con le gosse : pour les parents, c'est un argument qui ne souffre aucune contre-argumentation).
Je me tourne vers Fiston2 : le malheureux s'est brulé le doigt en sortant une tartine du grille-pain ; à l'entendre, c'est la fin du monde ; il ne peut absolument plus bouger le petit doigt (au sens propre, comme au figuré), sauf quand je lui propose de venir goûter le jus de groseille que je viens de concocter. En prenant le récipient, il le renverse. Ma cuisine devient maculée d'une pulpe rouge sang.
Il nettoie.
Je gueule.
Puis, en prenant un verre pour se verser le fameux jus de groseille (enfin, ce qu'il en reste...), il en fait tomber deux qui se brisent en mille morceaux. Si un fakir était passé par là (à dire vrai, ça fait longtemps que j'en ai pas vu dans le coin, mais bon, sait-on jamais...), il aurait pu venir marcher pieds nus dans ma cuisine pour développer une connexion entre son corps et son esprit.
Il balaie (Fiston2 pas le fakir).
Je gueule.
Il devient insolent.

Je culpabilise et je me trouve nulle comme maman d'ado.
Je fonce sur l'ordi pour écrire cet article et calmer mes nerfs.
Fiston2 arrive gentiment avec un verre de jus de groseille pour "rétablir le contact".
Il m'apporte le jus de groseille dans... un photophore.
Je l'aime.
Pour les céréales, je laisse tomber. Ils peuvent aller se les carrer où je pense. Après tout, c'est pour eux, pas pour moi.

Ben du coup, j'vous jure, Fiston2 est en train de faire les courses !

Céréales