Il y a quelques années, une amie est arrivée chez moi au bord de la crise de nerf, en me racontant les frasques de sa fille aînée qui venait de mettre un pied dans l’adolescence. J’écoute, je juge, j’anticipe, je flippe, puis me dis que j’ai encore le temps avant que les miens y entrent, s’ils y entrent un jour, parce qu’avec l’éducation qu’ils ont reçue, nom de Zeus, il n’y a pas de raison, ils sont parés pour la vie.
Et quelques années plus tard, brusquement, Fiston1 entre dans l’Adolescence. Un jour effectivement, au lieu de se peigner en 30 secondes avec un pétard, il reste 7’30 dans la salle de bain, peigne à la main, à se mirer sous toutes les coutures. Deux jours plus tard, j’achète le premier tube de gel, dont l’intensité va augmenter au fil des mois : Force 1 (Effet mouillé), Force 2 (Strong), Force 3 (Sculpt Force XXL), puis 4 (Extra Strong Power Force de la mort qui tue), 5, 6, etc. C’est l’échelle de Richter version gels coiffants. Je deviens incollable (contrairement aux cheveux de mon fiston).
Quand, quelques mois plus tard, Fiston2 s’y met aussi, ma salle de bain ressemble à une succursale de Jean-Louis David : tailles, marques, forces… faites votre choix mes enfants. Un an après, face à mon questionnement métaphysique sur les tube
s qui semblent comme neufs, Fiston1 et Fiston2 me rétorquent de concert : « Quoi ? Le gel ? Mais c’est nul Maman, ça fait une éternité qu’on n’en met plus ! ». Et hop, poubelle, merci, au revoir.

Et qu’on ne vienne pas me bassiner avec la testostérone. L’entrée en Adolescence (ça devrait être un pays de l'Union Européenne, tiens), ça passe par le gel.

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