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30 janvier 2017

Un vinyle ? Décédé !

Il y a dix ans, quand les élèves me voyaient avec un vinyle, ils disaient : "Ah ouais ! Madame, c'est pas les viiieux disques, là ?".
Hier, je suis arrivée avec un vinyle en classe, et ils m'ont dit : "Eh Madame, c'est quoi que vous avez dans les mains ?".

Ça doit être moi qui vieillis, parce que eux, ils ont toujours le même âge...

Vinyle

 

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24 décembre 2016

La BÛCHE

Vous n'avez quand même pas cru que je vous avais encore pondu un acronyme du genre Biennale Ukrainienne des Chameaux Hystériques et Eczémateux, Barbu Universitaire Cacochyme Hydrofugé à l'Eucalyptus, ou Babacool Unijambiste aussi Con qu'un Hérisson Ecervelé !

Meuuuh non... Je voulais juste vous souhaiter un joyeux Noël et une bonne BÛCHE, c'est tout !

bûche

 

 

 

18 février 2017

Daily délits

- En rentrant à la maison, je cherche mes chaussons ; c'est Fiston2 qui me les a empruntés et qui les a laissé traîner en bas de l'escalier.
--> Allez, c'est pas bien grave...

- Je sors de la douche et mon peignoir a disparu ; c'est Fiston1 qui me l'a pris parce que le sien était dans la machine à laver. Il caaaaille !
--> Bon, il ne pouvait pas savoir, je vais m'en remettre...

- Mais où est donc ma recharge de portable ? Ah, elle est dans la chambre des garçons parce qu'ils ne trouvaient plus la leur.
--> Faut dire, avec tous ces fils (je parle des fiLLLs, pas des FilSSS)... on s'y perd !

- Tiens, c'est bizarre, Fiston2 a laissé son bol de petit-déjeuner sur la table. Mais... suis-je bête, le lave-vaisselle était plein, il aurait fallu le débarrasser...
--> Le pauvre, il était (encore) à la bourre ce matin.

- 21h30 : je voudrais lancer une machine, mais Fiston2 est dans le bain.
- 50 mn plus tard : je retente le coup, mais maintenant, c'est Fiston1 qui est dans le bain.
- 45 mn plus tard : bon, il est plus de 23h, si je lance une machine maintenant, ça va craindre pour les voisins. Tant pis, je le ferai demain.
--> Ça tombe bien, je ne commence qu'à 9h.

- Après trois heures d'âpres négociations pour choisir un film qui convient à tout le monde, Monnome et moi accompagnons nos enfants voir un "petit film" familial ; les Fistons se mettent 3 rangs devant pour ne pas être à côté de nous.
--> Monnome et moi, on soupire, puis on pouffe de rire.

Grrr

En discutant avec une amie des joies de l'adolescence, on se disait qu'il faudrait écrire un cahier de doléances. Et Filloute, qui passait par là, de répondre : un cahier de doléances ? Plutôt un cahier d'adolescence !

3 décembre 2016

Flash spécial présidentielles : le scoop

   Le Canard déchaîné, journal fiable s'il en est, aurait eu vent d'une affaire délicate concernant la future candidate à l'élection présidentielle. L'affaire, dite du ballon de basket, mettrait Daronne au coeur d'un scandale qui ferait partie des casseroles de la candidate, plus nombreuses qu'on ne le croit. En effet, dans l'exercice de ses fonctions, elle aurait pris le ballon de basket d'un élève qui faisait l'équilibriste dessus pendant son cours, et l'aurait jeté par la fenêtre (le ballon, pas l'élève) en criant "panier !". Ce geste lui aurait valu, 25 minutes plus tard, un mail de la maman, outrée qu'un professeur puisse péter un cable de la sorte, avec la baballe de Fifissounet. Malheureusement pour Daronne, à la fin du cours, la ballon avait disparu... Un complice l'aurait-il intercepté ? C'est ce que la DGSE, la DRM, la DPSD, la DGI, l'UCLAT, le DNRED et le SGEG, mandatés pour l'occasion, essaient de savoir. Le ballon aurait été retrouvé dans le bureau de la CPE, 12 jours après les faits. Or, à ce jour, aucune des organisations susnommées n'est en mesure de préciser les faits et gestes de la balle, qui refuse de parler.

Sur le moment pourtant, la classe n'avait pas manqué de souligner le panache d'un tel geste et le cours s'était terminé dans un silence digne d'un Mannequin Challenge improvisé dans un institut pour sourds muets.

Affaire à suivre...

 

Ballon de basket

 

 

2 décembre 2016

Mannequin Challenge

   Il faut bien vivre avec son temps et essayer de comprendre ce qui se passe sur notre bonne vieille terre. Ainsi, le Mannequin Challenge est un phénomène de société - éphémère, sans aucun doute (ça se trouve, alors que vous êtes en train de me lire, bim, c'est déjà fini) - qui se propage à vitesse grand V.
   Le principe : filmer une scène de groupe où tout le monde se fige en un seul plan séquence ; "faire la statue", en somme. La vidéo sera ensuite généralement diffusée sur les réseaux sociaux, accompagnée d'une musique dédiée, celle d'un groupe de hip-hop américain.
   Le phénomène est né chez les adolescents, mais le virus a gagné les adultes : politiques, artistes, sportifs... tout le monde s'y met ! Autant dire que les ados vont laisser tomber ça vite fait : l'ado déteste qu'on marche sur ses plates-bandes pleines de semis de poils qui poussent.

   Pour ne pas mourir idiote, j'ai accepté d'en faire un avec mes élèves, en cours de musique ; ne me demandez pas ce qu'un Mannequin Challenge vient faire dans mes cours, la motivation ne serait pas spécialement pédagogique. On pourrait à peine faire passer cela pour une mise en pratique de la réforme du collège, sous couvert d'un EPI...
Mais j'ai mes propres arguments en faveur de cette pratique :
1 - Déjà, il me fallait un groupe pour expérimenter ça, et qui, mieux qu'une classe, représente un groupe ?
2 - Ces secondes de silence, mmm... c'était si bon... et c'est si rare en classe !
3 - Fallait les voir, les élèves, jouer le jeu : partition et bouche ouvertes, deux qui font mine de bavarder, deux qui se font passer un petit papier en douce, un au pupitre, un à la batterie, moi au piano...
4 - Parfois, les ados font des trucs très... extrêmes (binge drinking ou autres...), alors quand ils me demandent de faire quelque chose proche de la performance artistique, non violent, ludique, fédérateur... j'approuve !

   Je reconnais avoir été assez fascinée en visionnant ces happenings : c'est comme une promenade en 3D dans un monde immobile, façon musée Grévin. On est tenté de saisir quelqu'un qui ne jouerait pas le jeu ou qui aurait trahi son immobilité par un petit geste involontaire.

  
L'autre jour dans mon salon, j'ai eu une révélation : le Mannequin Challenge, chez moi, c'est tous les week-ends : filmez ma famille le matin avant midi, personne ne bouge. Je vous jure c'est naturel, réalisé sans trucage !

Mannequin challenge

 

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18 octobre 2016

It's a match !

   Suite à un engouement sans précédent pour l'application Finder, le Tinder de la chaussette (lire le billet "Adopteunechaussette.com" du 14 octobre dernier) destinée aux chaussettes égarées, nous avons l'immense plaisir de vous annoncer le PACS (Pacte d'Association de Chaussettes Solitaires) de Kindy et Burlington qui, malgré leurs différences, ont su imposer leur amour face à des congénères sceptiques et dubitatives, voire réticentes.

   Nous pensions réunir les paires entre pairs selon l'adage "qui se ressemble s'assemble" ; c'était sans compter sur l'ironie du sort, qui a réuni les deux extrêmes.
   Un beau clin d'oeil de la vie à l'heure de la manif pour tous. En effet, tout les différenciait : la couleur (blanche vs jacquard), la taille (39 vs 42), le mode de vie (l'une était sportive, l'autre davantage "business-sock"), les origines (l'une française au nom faussement anglais fabriquée en Chine, l'autre américaine), l'âge (Kindy est beaucoup plus jeune).
   Pour Burlington, le coup de foudre a été immédiat : "Ce qui m'a plu chez Kindy, c'est son odeur musquée, pour ne pas dire... musclée. C'est normal, elle est très sportive. Son parfum, je ne l'oublierai jamais de la vie".
   Kindy, quant à elle, a été attirée par la sagesse et l'expérience de Burlington : "On voit tout de suite qu'elle a vécu -elle a des trous partout- et sa mâturité me rassure". À la recherche de la paire qui lui a manqué dans sa jeunesse, Kindy ? Qu'importe, l'amour est là.

Kindy et Burlington, puissiez-vous longtemps prendre votre pied et trouver chaussure qui va avec !
Félicitations et longue vie à Kindy et Burlington !

Couple Finder

 

 

 

 

 

 


Kindy et Burlington en position post-coïtale.

15 novembre 2016

Aqua-bon...

Une activité sportive par an, c'est l'objectif que je me suis fixé depuis la naissance de Filloute : course à pied, zumba, marche nordique, gymnastique Pilates... Cette année, c'est aquagym. Soyons clairs : le sport pour moi, c'est une hygiène de vie, pas une passion. Je me dis : "tiens, je vais faire du sport" de la même manière que je me dis : "tiens, il faut que j'envoie les papiers à la Sécu". C'est pour la bonne cause, quoi.
Cela dit, parmi tous les éléments, l'eau est le seul que je supporte ; le feu : je le pète trop, l'air : je n'en manque pas, la terre : j'ai déjà les pieds dessus. Donc finalement, je supporte l'eau, l'eau me supporte, et tout le monde est content. C'est qu'on arriverait presque à y prendre goût glou glou, à force.
Quand j'arrive à la piscine, je serre les fesses, je rentre le ventre, je prends mon courage à deux mains et je respire un grand coup pour faire les 5 mètres qui séparent la douche du petit bassin. Ce n'est pas le moment de rencontrer un élève, un parent d'élève, son chef, ou je ne sais qui d'autre. Très vite, mes complexes s'estompent : quiconque met un bonnet de bain connaît ce sentiment : l'humanité entière a une tête de gland avec un bonnet de bain. Cet accessoire est à la ménagère de plus de 40 ans ce que les Crocs sont à la haute couture. Ce soir, tout le monde il est moche, tout le monde il est gentil. C'est sûr, les nymphettes qui font de la natation synchronisée dans le grand bassin pendant qu'on rame avec nos frites en mousse polyéthylène, elles, elles sont ravissantes même avec un bonnet, mais bon, si la vie était juste, ça se saurait...

Après 45 minutes de mouvements fluides et légers, on sort de l'eau à toute vitesse, tels des pingouins piégés par la fonte prématurée de la banquise. Premier geste qui sauve : oter son bonnet de bain. On peut enfin retrouver sa dignité. Le reste, on s'en fout.

Aquagym

PS : les claquettes de maître nageurs, c'est pas mal aussi dans le genre sexy...

16 décembre 2016

Le LASAGNE (2)

Suite de l'étude du Laboratoire d'Analyse Socio-Anthropologique de la Génération Née avec les Ecrans (LASAGNE).

Observation number two
L'ado et la nourriture
: depuis qu'il est né, vous avez pris soin de donner de bonnes choses à manger à votre enfant. Vous l'avez peut-être allaité, puis vous lui avez préparé de bonnes petites purées maison, vous avez fait attention à ce qu'il ne mange pas en dehors des repas, vous avez interdit les sucreries hors fêtes d'anniversaire... Il est aussi forcément passé par la phase nouille (je parle de la nourriture, pas de lui !). Puis, tout d'un coup, votre préadolescent entre au collège, et là, c'est le règne des BONBONS. À croire que c'est l'engrais nécessaire aux poils qui poussent. Une sorte de bulle sucrée dans un monde de brutes. Un passport social aussi :
- Eh, bidule, tu veux un bonbon ? J'ai un paquet de "Têtes brûlées" (plus piquant, tu meurs).
- Eh, machin, si je te donne une "Langue qui pique" (plus acide, ça troue), tu me laisses copier sur ta feuille s'teuplaît ?
Oui, parce que la mode de cette génération, c'est au piquant et au dégueu. Même la marque Jelly Bean s'y est mise, qui a sorti un concept soi-disant ludique qui consiste à mettre dans la même boîte deux bonbons d'une même couleur pour deux goûts différents  : un goût classique (banane, pêche...) et un goût horrible (dentifrice, fromage moisi ou... vomi !). Véridique. Présenté sous forme de jeu, on fait tourner une roulette qui indique une couleur à piocher ; vous avez donc une "chance" sur deux de tomber sur le bonbon dégueu. Youpi qu'est-ce qu'on s'amuse. Bref.

Vient le temps de l'Adolescence. Et là : accrochez-vous. Déjà, ils prennent leur bol de céréales à l'heure où vous préparez votre rôti de veau. Et puis l'Ado a faim. Tout le temps. Beaucoup. Et quand il a faim, il FAUT qu'il mange.
C'est une sorte de journée continue de la bouffe.
11h30 : p'tit déj.

12h30 : déjeuner (ils ne resservent que 2 fois de pâtes parce que quand même, ils viennent juste de finir leur petit-déjeuner).
14h : comme on n'a pas beaucoup mangé à midi, on vient prendre un petit truc dans le frigo.

16h15 : y'a quoi pour le goûter ?
17h30 : Maman, on va à la boxe, qu'est-ce qu'on peut manger avant ?
19h : Maman, on rentre de la boxe, qu'est-ce qu'on peut manger après ?
19h30 : dîner (ils ne resservent que 2 fois de lentilles parce que quand même, ils viennent juste de finir leur encas post-boxe).
21h30 : je viens de finir mes devoirs et je n'ai pas beaucoup dîné, est-ce que je peux manger quelque chose ?
Faim de l'observation number two.

Jelly Bean

30 septembre 2016

Adopteunado.com

Je vous explique pourquoi :

PETITE ENFANCE (0-6 ans environ)
Heure de lever des enfants : 6h30, 365jours/365 (366 jours/366 les années bissextiles).
Dialogue parental qui s'ensuit : - "T'y vas ?" - "Hmmm ?" - "T'y vas ? C'est toujours moi qui y vais !" - "Hmmmmmm" - "Allez, vas-y, fais-leur croire que c'est encore la nuit et recouche-les s'te plait. Demain c'est moi, promis."
Heure de lever des parents : 6h30 pour l'un (parce que le coup qu'il faisait encore nuit, ça les a bien fait marrer les gosses), 10h pour l'autre (je ne dis pas lequel, c'est pas mon genre de balancer Monnome).
Pic d'activité des enfants : entre 6h30 et 20h environ.
Période de calme : la sieste (durée variable selon âge, constitution de l'enfant et posologie des gouttes de somnifère dans la compote du midi).
Heure de coucher des enfants : entre 19h30 et 21h (horaire variable selon autorité et conviction des parents et posologie des gouttes de somnifère dans la compote du soir).
Dialogue parental qui s'ensuit : "Ah, c'est cooool, ils sont couchés !" - "Hmmm ?" - "J''ai dit : AH C'EST COOL ILS SONT COUCHÉS ! Hé oh, tu m'écoutes quand je te parle ?" - "Ah oui, pardon, désolé(e) chéri(e), je suis crevé(e)."

PÉRIODE DE LATENCE (6-12 ans environ)
Heure de lever des enfants : vers 9h (le pied).
Dialogue parental qui s'ensuit : "Rhhooo t'as vu, c'est cool, ils nous laissent dormir maintenant, hein." - "Rhhooo ouais, c'est génial !".
Heure de lever des parents : vers 9h (fantasmée et réelle).
Pic d'activité des enfants : entre 9h et 21h environ.
Période de calme des parents : entre 9h et 21h environ.
Heure de coucher des enfants : vers 21h (horaire variable selon autorité et conviction des parents).
Dialogue parental qui s'ensuit : cela ne vous regarde pas.

ADOLESCENCE (12-18 ans environ)
Heure de lever des enfants : sans aide mécanique extérieure type réveil, clairon ou seau d'eau glacée = vers midi.
Dialogue parental qui précède : "T'y vas ?" - "Hmmm ?" - "T'y vas ? C'est toujours moi qui y vais !" - "Hmmmmmm" - "Allez, vas-y, fais-leur croire qu'il va bientôt faire nuit et dis-leur de se lever s'te plait. Demain c'est moi, promis."
Heure de lever des parents : vers 6h30-7h (cherchez-pas, à part pour Monnome, c'est physiologique vers la quarantaine...), 9h (fantasmée).
Période de calme des z'ados : elle précède la période d'activité et se partage en 2 temps (3 mouvements) :
   1) Poils qui poussent : midi-22h
   2) Devoirs : 22h-22h10
Pic d'activité des z'ados : il intervient après une looooongue période de léthargie calme et se partage en 4 temps :
   1) Douche : 22h10-22h42 (30 mn de négociation pour qu'ils y aillent, 2 mn sous la douche)
   2) Brossage de dents : 22h 42' 00"  -  22h 42' 31" (relevés de chronomètre effectués par un huissier)
   3) Miroir mon beau miroir : 22h43-23h
   4) Musculation : à partir de 23h (!)
Coucher des z'ados : "N'éteignez pas trop tard les enfants, nous, on va au lit" - "T'inquiète, maman, on gère" (rire sarcastique des fistons).
Dialogue parental qui s'ensuit : (bruit apocalyptique de barres de fer qui tombent sur le parquet) - "Eh, mais c'est quoi ce raffut ?" - "C'est les garçons qui font de la muscu" - "Hein ? À cette heure-ci ?!" - "Mais oui, parce qu'avant, ils avaient les poils qui poussaient" (rire sarcastique des parents).

Conclusion : si tu veux un enfant, commence par adopter un ado, tu as plus de chance qu'il soit en phase avec ton besoin de sommeil du moment.

adopteunado

 

 

14 octobre 2016

Adopteunechaussette.com

Au fait, le burn out après le stage sur l'éducation positive (lire les billets du 3 au 7 octobre dernier), c'était un prétexte, hein. Ne m'en voulez pas d'avoir simulé ; j'avais juste besoin de temps pour corriger mes quelque 300 copies.

Parlons d'un sujet d'une toute autre importance, bien que rebattu : les chaussettes orphelines ("...I'm poor lonesome sock...").
Cette semaine, entre deux copies, j'ai lancé une grande entreprise de tri de chaussettes dans la maison. Le bilan a dépassé mes craintes. Un carnage. Jusque dans le propre tiroir de Monnome, rendez-vous compte : 10 chaussettes orphelines !
Depuis combien de temps étaient-elles là, seules, en train de pleurer leur mère ?

     Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !
     N'ai-je donc tant vécu que pour finir ainsi ?
     Et ne suis-je blanchie en machine à laver
     Que pour finir un jour en chiffon à cirer ?

Pour lutter contre ce fléau domestique, j'imaginais une application, Finder, sur le modèle de Tinder (ça va les plus de 25 ans ? Vous suivez ?), avec le slogan suivant : Finder, le Tinder de la chaussette.
L'appli ferait défiler des profils de chaussettes selon plusieurs critères : pointure, sexe, couleur, signe particulier, géolocalisation (jusque là, rien de très novateur, Tinder fait la même chose avec les humains)...
Par exemple : "Kindy, taille 39 femme, noire avec un trou, à moins de 500 mètres". L'utilisateur devrait indiquer s'il a trouvé sa moitié (swipe right) ou non (swipe left). Lorsque un couple de chaussettes se forme (it's a match !), les deux propriétaires seraient mis en relation et pourraient organiser une rencontre.

Rhhooo... Quelle idée consensuelle, j'en reviens pas ! On y trouve toutes les lubies des politiques : l'écologie, l'économie, la communication, la mixité, le lien social (l'amooouuur même, qui sait ?)...

Vous pensez que j'ai encore le temps de me présenter aux présidentielles ?
Le concours Lépine peut-être...
Ou la médaille d'argent du CNRS, je ne sais pas...
Le Goldman Prize, vraiment ? Vous me flattez !

Chaussette orpheline-page-0

PS : amis unijambistes, le speed dating, ça fonctionne bien aussi (magnez-vous, vous avez 7 minutes pour y aller à cloche-pied !).

 

31 août 2016

Le bonheur est dans la pré(-rentrée)

Imaginez : vous êtes dans un bon bain chaud, avec un bon bouquin, des bougies, de la musique style compil du Buddha-Bar... Bref, le parfait bonheur, et brusquement, quelqu'un vous verse un seau d'eau glacée sur la tronche. Un peu violent, n'est-ce pas ?
Autre situation :
c'est la nuit, vous dormez tranquillement et tout d'un coup, quelqu'un pénètre dans votre chambre, vous braque un projecteur dans les yeux, et vous ordonne d'aller courir un semi-marathon sur-le-champ (ou ailleurs). Votre réaction (perso, je meurs aux premiers cent mètres) ?
Mais encore : vous écoutez une jolie cantate de Bach intitulée "Ich weiß nicht was soll es bedeuten" (bon, ça, c'est du Heinrich Heine, mais on s'en fout) et un individu mal intentionné vous met du death métal à 120 dB (pour vous donner une idée, c'est le volume sonore d'un marteau-piqueur). Dur tout ça, hein ?

Eh bien, Mesdames et Messieurs, c'est ça, une rentrée. D'une violence inouie (et ça ne s'arrange pas avec les années).

À vrai dire, le plus difficile dans l'histoire je trouve, c'est qu'on nous demande de redevenir intelligent, efficace et opérationnel (si tant est qu'on l'ait déjà été) du jour au lendemain, après deux mois de cerveau lent. Il faut avoir une sacrée force de caractère, croyez-moi.
Certes, nous venons d'avoir huit semaines de vacances, mais nous autres poils de mammouths, ça faisait un an que ça ne nous était pas arrivé, nom de Zeus ! Nous, c'est pas "et vas-y que je te prends un petit RTT par ci", "et vas-y que je te prends un petit RTT par là avec le pont ça fera 4 jours"... Non. Nous, nous SUBISSONS nos vacances ! Pas le choix. C'est à prendre ou à laisser. Et ce, 4 mois dans l'année, tout de même. Vous êtes au bout du rouleau le 12 octobre ? - Marche ou crève, t'attendras la Toussaint, feignasse ! Vous avez la grosse patate le 21 décembre ? - Et alors, le bahut est fermé, qu'est-ce'tu veux qu'ça m'fasse ?
C'est comme relancer une locomotive toute rouillée, c'est difficile. Cela nécessite de gros efforts au départ.
En gros, il nous faudrait plus de temps. Et le temps, c'est de l'argent.*
Alors aujourd'hui, solennellement, je vous le demande, pensez à tous les poils de mammouths qui vont se dresser fièrement pour prendre soin de votre progéniture avec l'enthousiasme d'un thon albacore pris dans le filet du pêcheur. Pendant que vos petits anges dorment encore du sommeil de l'adolescent jusqu'à midi, nous allons vaillamment raconter nos vacances aux collègues pour que le sujet soit clos dès demain et que nous puissions être enfin disponibles pour trouver notre prochain motif de grève (pas facile d'éviter les redites, à force). C'est cette grève qui nous permettra d'être opérationnels pendant les six prochaines semaines. Que dites-vous ? Sept semaines ?! Mais c'est une honte ! Organisons fissa une deuxième journée de grève ! Ça sera notre petit RTT à nous, quoi (n'allez surtout pas imaginer qu'on va aller défiler ; faut qu'on se repose).
Au nom de tous les poils de mammouths, merci.

 * Vous pouvez déposer vos dons directement sur mon compte bancaire (chèques, espèce et tickets restaus acceptés).

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10 août 2016

Futur simple ?

C'est avec amusement que je découvrais (je n'en fais plus remplir, tout est informatisé maintenant) les fiches de renseignements de mes élèves, en début d'année. Voici quelques perles :

Exemples de "profession du père" :
- Machiste
- Dans les toilettes
- Trace des lignes blanches (c'était peut-être le fils de Buren !)
- Ouvrier califié (pour être calife à la place du calife ?)
Exemples d'idées de métier :
- Pédoxycadre
- Proxénète (!)
-
Psychopathe (!)
- Donneur d'emploi (c'est mignon...)
- Moquper d'enfant (occupe toi d'abord de ton orthographe !)
- Bébé-citeur
- Bébéssiteuse
- Babysister
Sur un questionnaire d'initiation à l'orientation : Quel métier peux-tu exercer si tu aimes travailler en plein air ? - Hôtesse de l'air
Question existentielle : Il faut bac + combien pour être bachelier ?
Opinion politique : Comment on fait pour voter blanc, on met du tipex ?
Conscience politique : Jacques Chirac, il va en voyage juste pour goûter les spécialités, wesh. Quand il va en Chine, il bouffe des nems, quand il va en Afrique, il bouffe du manioc.

Futur

24 août 2016

Pédago-geek

Extrait d'un questionnaire confidentiel rempli par des élèves de 5ème dont j'étais professeur principal, afin de connaître leurs conditions de travail.

1) Combien de temps je passe à faire mes devoirs le soir à la maison ?
2) Combien de temps je passe à regarder la télévision le soir à la maison ?
3) Combien y a-t-il de postes de télévision chez moi ?
4) Comment est équipée ma chambre ?

À la question 1, les réponses vont de "Je ne sais pas" à "2 heures", mais la moyenne est de 15 mn environ. Je ne suis guère étonnée.

À la question 2, les réponses s'étalent de "Beaucoup" à "6 heures", avec une moyenne de 3 heures. Six heures, quand même, ça commence à faire...

À la question 3, je manque de tomber de ma chaise quand je lis sur un questionnaire "6 postes" et que l'élève me précise que le 6ème est placé dans les toilettes (c'est pour les matchs de foot). La majorité des familles possède environ 3 postes.

À la question 4, je m'étouffe. C'est un catalogue Darty : télévisions, magnétoscopes (pour les plus ringards), lecteurs DVD, ordinateurs, chaînes Hi-Fi, lecteurs MP3, Game Cube, PSP, PS2, XBOX. Y'en a même un qui a un "magnecocope", c'est dire... Une seule chambre est équipée d'un bureau (ils font leurs devoirs sur leur lit ou dans le salon).

Et oui, c'est comme ça, il faut s'y faire (et encore, c'était il y a une dizaine d'années)...

Manette jeu

3 août 2016

Le SAV du camion

Mot intercepté en classe (j'ai corrigé les fautes pour une meilleure compréhension, mais j'ai volontairement laissé la ponctuation telle quelle pour vous permettre de mesurer les difficultés des jeunes à structurer leurs phrases) :

"Bonjour J. c'est T. je crois que Sallah avait raison pour le portable ton portable y marche pas je suis parti au marché de Trappes le mec il dit que Sallah a raison le portable il a un problème de réparation moi je veux plus le prendre le portable je préfère la maille si t'as l'argent ramène le chez moi j'aurais besoin de la maille aujourd'hui."

L'histoire ne le dit pas, mais je doute que J. ait été en mesure d'assurer le SAV du portable...

C'est pas "Tomber la chemise" qu'il faut chanter, mais Tombéduuuu-tombétombéééé-tom-B-du-K-mion, tombéduuuu-tombétombéééé-tom-B-du-K-mion...

SAV

23 septembre 2016

Vous avez un mess@ge

Ils sont sympas les collégiens, entre eux.
Pffttt... Y
'a encore du boulot (et je ne parle pas des fautes d'orthographe, il n'y en a pas tant que ça)...

Vous remarquerez cependant que cette élève (c'est une fille et elle est en 6ème, oui, en 6ème), dans un bel élan de délicatesse, avait pensé à mettre son portable en silencieux, ce qui ne va pas forcément de soi, de nos jours.
Allez, tout n'est pas encore perdu, va.

SMS

24 juillet 2016

Portrait d'élève : Stacy

   Je ne connais pas encore Stacy, elle est nouvelle dans l'établissement. Pour le premier cours de musique, j'ai le son avant l'image : son rire de hyène parvient à mes oreilles avant même qu’elle ne pénètre dans la salle. Et l’image est à l'avenant : à vue de nez, 1,73 m, 80 kilos, et du… disons, 95 D. De quoi impressionner. Un but dans la vie : se faire remarquer. Dès l’entrée en classe, elle m’interpelle : M’dame, j’peux être à côté de Brittany ? À ma réponse négative, elle se manifeste un peu plus : Wesh, M’dame, ça s’fait pas, vous êtes une gamine. Je laisse pisser le mérinos, comme on disait au XIXe siècle. Elle sape les 55 minutes de mon cours et vient réitérer sa demande à la sonnerie. Je lui réitère ma réponse et devant mon inflexibilité, elle me lance un : Puisque c’est ça, j’m’en fous, j’travaillerai pas. Et elle s’en va. Le mérinos pisse une deuxième fois.
   Le vendredi suivant, elle entre dans mon cours, animée du même but, sauf qu’elle a une revanche à prendre ; je n’ai pas voulu la changer de place, et elle est bien décidée à me le faire payer. "C’est quoi ces vieux cours pourris", "J’m’en bats les couilles", "Y'a pas de brevet musique à la fin de l’année", "Elle a pas intérêt à me dégouter de la musique, j’adore ça", etc. Elle sape les 55 minutes de mon cours.
   Trop, c’est trop. Mot dans le carnet. Le soir même, vers 20h, j’appelle sa mère qui semble soulagée de me parler : Ah, Madame, je ne décolère pas contre Stacy depuis que j’ai lu votre mot dans le carnet et bla bla bla et bla bla bla. Très bien la mère. Une semaine plus tard, Stacy est transformée. Elle essaie bien de prouver qu’elle est toujours là en se levant pour regarder par la fenêtre, mais je fais mine de ne pas la voir. Ses facilités en chant lui permettent d’obtenir la note de 18/20, elle est aux anges.

Le bonheur ? Simple comme un coup de fil !

Stacy

30 août 2016

Fin de l'estivation

Bonjour à tous,
Le pilotage automatique, c'est fini. Je reprends les commandes de mon blog. Waouh ! Plus de 1000 visites pendant ces vacances, en provenance de plusieurs pays !
Mention particulière pour les Etats-Unis, jusqu'à 18% des connexions (en mode mégalo : ça s'trouve, c'est Obama. En mode parano : ça s'trouve, c'est la NSA !). Mais aussi des connexions depuis le Canada (ben, chu tânnée d'pô savoir qui c'ey), la Suède (sans doute ce bon bougre de Fjällbergöhetildøhäggås), le Portugal (coucou Isa), le Japon (Pikachu ?), la Belgique (et plus d'une fois, une fois), la Polynésie (bonsoir Deb), la Réunion (pédagogique ?), l'Italie (coucou grande soeur !), l'Espagne (Olé !), l'Allemagne (non mais Hallo, quoi), le Royaume-Uni (c'est mon billet sur le Brexit, c'est sûr), le Cambodge (who is it ?), la Suisse (j'vous jure, j'ai pas de comptes à rendre !), Singapour (coucou les Latour), la Hollande (c'est toi François ?), Hong-Kong (putaing-cong), la Guadeloupe (j'espère que tu es rentrée avec un gros rhum, Laurence) et la Nouvelle-Zélande (?). Merci pour vos commentaires, j'y réponds souvent en privé, parfois directement sur le blog. Dingue, on écrit tranquillement dans son fauteuil, et les articles se baladent autour du monde. Vive internet !
Et si vous avez suivi cet été le "Portrait de Ilyes", j'ai eu de ses nouvelles grâce à une amie, ancienne collègue de Trappes : il ne dit plus "Ta gueule" à chaque phrase, il a "fait du chemin depuis le collège", selon ses propres mots, est devenu chauffeur personnel au volant d'une belle voiture et va se marier !

Ne manquez pas le prochain billet spécial pré-rentrée des poils de mammouths demain matin à 7h pétantes, et qu'ça saute (zut, la NSA va encore me tomber dessus...) !

train

3 juillet 2016

Cosmétiques nerveux

Moi qui ne prends soin de ma peau qu'à coup d'huile de noyaux d'abricot, j'hallucine toujours de voir ce qu'on te propose comme doses d'essai quand tu sors d'un magasin de cosmétiques.
Notre sélection : Melvita, Huile de noyaux d'abricot - 50 ml - 8,65 €

À 20 ans, c'est cool, t'as pas trop de fric, on te file des échantillons de parfum ou de crème jeunesse, t'es content, c'est toujours ça de pris.
Notre sélection : Nivea crème, tous types de peaux - 150 ml - 2,71 €

Vers 30 ans, tu accouches, tu allaites, tu dors un peu moins, on commence à te glisser discrètement dans ton sac des produits anti-vergétures, anti-cernes, antipasti et tutti quanti, mais bon, t'en as vu d'autres, et t'es plus à ça près si tu veux mettre un deux-pièces cet été à la plage. Accepte toujours le "Visionnaire nuit - Beauty sleep perfector" de Lancôme et va te coucher, c'est vrai que t'as une sale gueule petite mine.
Notre sélection : Clarins - Soin complet spécial vergétures - 200 ml - 40,50 €

À 40 ans, voici venu le temps des premiers anti-rides, et ça se gâte quand on te propose la "Crème-amincissante-chrono-actif-anti-cellulite-tenace-profiler-nuit" (autrement dit, "grouille-toi-de-perdre-tes-kilos-en-trop-avant-que-tonnome-parte-en-séminaire-avec-sa-stagiaire-de-20-ans") de chez Linéance.
Notre sélection : Dior - Serum Capture Totale - Soin jeunesse global repulpant intensif - 50 ml - 189,95 € (pour le porte-monnaie, ça marche du tonnerre, il te le capture total !)

Vers 50 ans, tu te prends dans la face du "Concentré correcteur de taches - Intensive dark spot corrector" (en plus, ils te foutent les sous-titres en anglais, ces cons) ou de "l'Advanced Génifique" (mélange de "gériatrie" et de "magnifique" ?).
Notre sélection : Estée Lauder - Resilience lift (Boris Cyrulnik, sors de ce tube !) - 30 ml - 153,90 € 

À 60 ans, t'es foutu. Les équipes marketing du laboratoire Garnier l'ont bien compris, qui ont carrément appelé leur produit "Miracle". Tu ne prends plus soin de toi, tu pries.
Notre sélection : Vichy - Néovadiol Magistral - à l'association de Pro-Xylane et de Proteix-Gf aux propriétés redensifiantes (c'est pas bien de se moquer des personnes âgées) - 20 ml - (Oui oui Madame Michu, donnez-moi le chèque, je le remplirai)

Et à 70 ans, on fait quoi ?
Notre imagination : Laboratoire R.I.P. - Crème éternelle à l'extrait de fleurs de cimetière et à l'huile essentielle de chrysanthème - 10 ml - 1999 € (pour tout flacon acheté, une plaque funéraire offerte)

crème-de-beauté

8 juillet 2016

Attrape-couillon

Énigme à résoudre 
Hakim vole le téléphone portable d'un collègue en fouillant dans ses affaires pendant un cours. Le professeur connaît la classe, mais ne peut présumer d’un coupable. Le portable est pourtant retrouvé. Comment se fait-ce ?

(Vous avez 1 minute chrono. Je vous mets de la musique pour patienter : tibidim-dim-tibidim-dim-tibidim-dim-diiim. Vous avez reconnu ?)

Réponse
1) Le principal du collège compose le numéro du portable volé.
2) L'élève répond.
3) Par chance, le copain qui se trouve à côté lui prodigue ce conseil avisé : "Mais Hakim, t'es con, raccroche !".
4) Il n'y a qu'un seul Hakim dans cette classe...
CQFD

Non mais allô, quoi !

17 juillet 2016

Petit traité de solfège sa mère

Sur des copies :
- Crescendo, c'est quand le thon augmente de plus en plus
- Le decrescendo, c'est la diminutivité
- Comment appelle-t-on la partie conclusive en musique (je pense à la coda) ? - Une introduction finale

Mais encore : - Comment appelle-t-on la partie conclusive en musique ? - "La copula" (!)
- "Pour faire un pizz, eh ben on tend les cordes et on joue"
- Quand un choeur chante sans accompagnement musical, on dit qu'il chante "aquapela" (ça, c'est plutôt quand on se les pèle dans l'eau !)

Un élève lors d'un exercice rythmique : En gros, il faut taper les noires et sauter les blanches

Un élève : - Polyphonique ? Chais pas c'est quoi, moi, Madame !
Un autre : - Mais si, c'est quand y'a plusieurs voix en même temps !

La prof, interloquée : - Et comment tu sais ça, toi ?
- Ben c'est à cause des téléphones à sonneries polyphoniques.

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6 juillet 2016

Petit traité d'organologie sa mère

- La prof : Comment appelle-t-on celui qui joue de la flûte ? - Un flûtiste 
- Celui qui joue du basson ? - Un bassoniste 
- Celui qui joue de la clarinette ? - Christian Morin (décidément !)

- Un élève, en écoutant un camarade qui massacre un morceau de flûte : Madame, y'a plus de piles dans sa flûte !
- Un élève, après une démonstration d'alto : Eh Madame, ça marche avec des piles ?
- Un autre : Y'a des piles dans votre piano ?
- Un élève, après avoir écouté quelques notes de basson : On dirait qu'il pète !
Et après avoir écouté un morceau de basson : Ben dis donc, il pète une mélodie !

- Un élève : La flûte piccolo, elle picole.

- La prof : Qui aime bien le son métallique du clavecin ?
- Un élève, fan de heavy metal : Moi j'aime bien le métal d'habitude, mais pas celui là !

- Basse continue = violoncelle + clavicule (clavecin !)

- J'explique aux élèves en plaisantant le rôle des trois pédales du piano : Vous avez l'embrayage, l'accélérateur et le frein.
- Les élèves : ? (...) C'est vrai ?

- Un élève : Fils de flûte !

Extrait d'une copie d'élève analysant le tableau "Jeune femme jouant du virginal*" de Vermeer : "Cette scène se déroule dans un milieu aisé car il y a un vaginal et une viole de gambe".
(*Le virginal est un instrument de la famille des cordes pincées, comme le clavecin)

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20 juillet 2016

Portrait d'élève : Ilyes

   Ilyes a une tête de bandit, mais il a davantage l’air "couillon" que méchant. Son langage doit se résumer à environ deux ou trois cent mots de vocabulaire. Parmi ces deux ou trois cent mots, il m'en réserve à chaque cours une petite cinquantaine. Il a une expression de prédilection, c'est : « Ta gueule », qu’il balance à qui lui adresse la parole. C’est sa majuscule à lui. « Ta gueule, mon frère, nique ta race ». « Ta gueule, sale arabe » (il s’appelle Ilyes), « Ta gueule bouffon, chais pas tu veux quoi ».
   Ce matin, il semble particulièrement remonté contre Mamadou ; au beau milieu de mon cours sur Chostakovitch, il l’interpelle : « J’vais t’enculer, tu vas être choqué ! » (tiens, il a oublié sa majuscule). Je m’arrête net et lui demande s’il réalise ce qu’il vient de dire. Il me dit que c’est une façon de parler, qu’ils se parlent comme ça entre eux. Je lui dis qu’il n’est pas dans son square, que son langage avec ses copains ne me regarde pas, mais que ce n’est pas adapté à la vie en société, qu’on est en classe et que la classe, c’est une micro société. Sa bouche béate me signifie qu’il n’a pas compris mon discours. Ses prochaines paroles me donnent raison : « Ta gueule, on dirait chuis l’seul à parler ».

Pffftttt... (soupir de découragement)

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14 août 2016

Carnet mondain

   Une année, je fais la connaissance en classe de Bryan, aîné d'une famille de sept enfants (11 ans, 9 ans, 7 ans, 5 ans, 3 ans, 2 ans, 5 mois). La maman est enceinte du huitième enfant, et ils espèrent une fille pour obtenir la parité garçon/fille. C'est une fille ! Ça tombe bien, il n'y a que deux chambres pour les enfants (ce qui fait deux paires de lits superposés par chambre, je vous laisse imaginer les conditions de travail... et de vie !).
  
L'année suivante, je n'ai plus Bryan, mais je le croise dans les couloirs et il n'a pas l'air bien. Je lui demande ce qui ne va pas, il me répond : "En fait, c'est pas grave, ça devrait même être une bonne nouvelle, mais moi, je suis pas content : ma mère est encore enceinte (du 9ème enfant donc, si vous avez suivi). J'en ai marre, c'est moi qui dois m'occuper de mes frères et soeurs, je suis jamais tranquille". Je lui demande où va dormir le bébé : "Dans le lit de mes parents, parce que là, il y'a vraiment plus la place nulle part."
   Deux ans plus tard, j'apprends que la maman a accouché du... 10ème enfant (mais où donc dort-il ?) et que Bryan a réussi à convaincre ses parents de l'envoyer en internat. Ouf.
Longue vie à Bryan , Mégane , Dylan , Océane , Cheyenne , Angel , Noah , Shanice , Kessie , et Dawson !

Je profite de l'occasion pour vous faire part de quelques autres lignées aux prénoms tout à fait... télé-xotiques !
- Quatre frères et soeurs : Hérithier ♂, Rith , Love , Lovula
- Quatre frères : Ziggy, Nicky, Ricky, Billy
- Cinq frères : Steven, Jason, Dylan, Ryan, Jordan
- Des (vrais) jumeaux : Ted et Teddy (!)

Carnet mondain

5 juillet 2016

Les mots de Fiston2

- "Oh, regarde les bouilles de Noël !" (2 ans 2 mois)
- "Maman, est-ce que je peux manger les trous du gruyère ?" (2 ans 4 mois)
- "Le miel, ça couille !" (2 ans 4 mois)
- En regardant son grand frère qui rentre de chez le coiffeur : "Oh, regarde, il s'est déguisé en garçon !" (2 ans 7 mois)
- Les règles familiales selon Fiston2 : "Parfois on dit oui, parfois on dit non, parfois on obéit, parfois on dit d'accord." (2 ans 10 mois)
- "Regarde Maman, les étoiles d'araignées !" (2 ans 10 mois)
-
"Tu veux aller dans les toilettes du haut ou dans les toilettes du bas ? Oui, parce qu'on a aussi une étoilette en haut !" (3 ans)
- Alors qu'on lui verse du bouillon avec des pâtes en forme de lettres : "Oh, j'ai un petit Scrabble dans mon assiette !" (4 ans)
- En renversant de la crème au chocolat sur son pyjama : "Ben dis donc, c'est la fête du chocolat !" (4 ans)
- En tombant de son lit en pleine nuit chez ses grands-parents. Le grand-père : "Dis, pourquoi tu pleures ?" Fiston2 : "Ben je suis tombé, il faut bien que je pleure !". (4 ans)
- "Oui, je sais, je suis allergique aux cacahuètes, mais moi, je préfèrerais être allergique aux poireaux ou aux courgettes !" (4 ans et demi)
- "Quand je serai grand, je voudrai être protégeur de petits comme métier. C'est pour les protéger quand on les embête." (4 ans et demi)
- Le grand-père : "Tu sais ce que c'est un toréador ?" - "Un toréadaure ? Ben oui, c'est une sorte de dinosaure." (4 ans et demi)
- Les deux frères conversent. Fiston1 : "La maîtresse m'a fait un bisou pour me remercier de mon cadeau". Fiston2 : "Ah bon ? Et il était bon son bisou ? Il avait goût à quoi ?" (5 ans et demi)
- Fiston1 : "Maman, c'est quoi ça ?". Maman : "Une poignée pour accrocher les poêles". Fiston1 : "Les poils ?". Fiston2 : "Mais non, les poêles, de la famille des casseroles !" (5 ans et demi)
- Maman : "Qu'est-ce que tu veux sur ta tartine ?" - Fiston2 : "Je la veux grillée". - "Oui, mais qu'est-ce que tu veux dessus ?" - "Ben grillée, c'est avec du chaud dessus." (5 ans et demi)
- "Maman, on peut aller à la piscine ?" - "Tu sais, c'est difficile d'y aller, avec ta petite soeur." - "Tu n'as qu'à la donner au maître nageur." - "Non, le maître nageur, il doit être disponible pour s'occuper des personnes s'il y a un problème." - "Ben c'est pas grave, t'as qu'à la mettre dans l'eau comme ça elle se noiera !" (5 ans et demi)
- "Il y a quelque chose que je ne comprends pas : pourquoi la baby-sitter, elle a 16 ans et elle est au lycée, et toi, tu as 37 ans et tu es toujours au collège ?" (7 ans)
- Fiston2, ébahi par la mémoire de sa petite soeur au Memory : "Oh la la, à l'école, elle va être hyper forte en intelligence !" (9 ans)

Dessin de Fiston2 Juin 2010

23 juin 2016

Je suis un poil de mammouth (prologue)

L'entretien d'embauche.

Ce matin là, une lettre du rectorat dans ma boîte aux lettres :

« Bordeaux, le 07 septembre 1995
Vous avez déposé auprès de mes services un dossier de candidature à un emploi de maître(sse) auxiliaire d’enseignement en Education musicale.
Je vous serais obligé de bien vouloir vous présenter au Rectorat de l’Académie de Bordeaux, 15 rue Desfourniel à Bordeaux, afin d’avoir un entretien avec Madame B., Inspecteur Pédagogique Régional de la discipline.

Madame B. est disposée à vous recevoir le mardi 26 septembre 1995 à partir de 10H30.
Vous voudrez bien faire connaître votre réponse au secrétariat des Inspecteurs Pédagogiques Régionaux, poste 3819. »        

Pour des étudiants en communication, en journalisme ou en psychologie, j’aurais du être filmée et montrée en contre-exemple : dos voûté, jambes croisées, voix d’outre-tombe, aucune conviction, aucun argument.
Pourtant, quelques semaines plus tard, une lettre m’annonçait que ma candidature était retenue.

C’est la meilleure erreur qu’ils n’aient jamais commise.

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