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4 mars 2017

FistonGate

Fiston1 est censé faire du baby-sitting une fois par semaine.
Mais le Canard déchaîné, qui fourre toujours son bec là où il ne faut pas, supputerait un emploi fictif.

Le vendredi, Fiston1 termine le lycée à 16h, et son baby-sitting commence à 16h30, dans la ville limitrophe, à une station de train.
Pourquoi a-t-il été infichu, jusqu'à présent, d'arriver une seule fois à l'heure ?

Voici les arguments de la défense :
- La première fois, Daronne lui donne de la monnaie pour qu'il s'achète un ticket, mais le distributeur ne prend pas les pièces.
Fiston1 se défend en disant que le guichet aussi était fermé ce jour là. Il fait le trajet à pied... et arrive en retard.
Réponse du Canard déchaîné : "Comme par hasard !".

- La deuxième fois, le train est supprimé : "accident de voyageur". Il fait le trajet à pied... et arrive en retard.
Réponse du Canard déchaîné : "Facile, ledit voyageur n'est plus en mesure de témoigner à l'heure qu'il est".

- La troisième fois, il se trompe de train et prend le direct pour Paris au lieu de prendre l'omnibus, il se tape l'aller-retour... et arrive en retard.
Réponse du Canard déchaîné : "Tiens, pardi !".

- La quatrième fois, il oublie.
Réponse du Canard déchaîné : "Voui voui...".

Et qu'apprend-on pour couronner le tout ? Que les enfants dont Fiston1 s'occupent sont... ses propres cousins ? Autrement dit, qu'ils sont de la même famille ?
Réponse du Canard déchaîné : "Ben voyons... ça nous rappelle quelque chose, tout ça, mon gars.".

On pourrait croire à un poste d'assistant parlementaire, bordel !
   - Peut-on parler à ce stade de "FistonGate" ?

   - Est-il normal que Fiston1, malgré ses retards, gagne en une soirée davantage que le SMAC (Salaire Mininum d'un Ado en Croissance) ?
   - Y-a-t-il complicité de Belreuss pour lui verser ses émoluments ?
Une perquisition a eu lieu cette semaine chez Belreuss (pour l'instant, ils n'ont trouvé qu'une quantité exorbitante de tisane "Les 2 Marmottes" au fenouil, soi-disant pour la consommation personnelle du mari...).

Nonobstant, Fiston1 est en classe de première, il sera donc mis en examen au mois de juin (date à préciser), en français. Et en SVT.
Bien fait.

FistonGate

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18 décembre 2016

Le LASAGNE (3)

Nouvelle étude du Laboratoire d'Analyse Socio-Anthropologique de la Génération Née avec les Ecrans (LASAGNE).
Observation number sfzwi
L'ado et le rangement
: un jour, alors que je m'étonnais de ne pas avoir lancé de lessive depuis plus de 24 heures, je jette un oeil dans le bac à linge : rien. Je regarde dans la chambre des Fistons : rien. Pas la moindre chaussette orpheline à l'horizon. Bizarre... Apercevant le lit en boule de Fiston2, je tente une mise à plat dudit lit, mais ma main heurte un gros monticule. Fiston2 dormirait-il encore ? Je soulève la couette et tombe sur un ÉNORME tas de linge sale. Pas moins de 18 vêtements en vrac. Résultat des courses : 3 lessives d'affilée. Je fais remarquer à FIston2 qu'en plus de ne pas être très hygiénique, ce n'est pas très pratique pour moi de gérer une si grande quantité de linge à la fois. Comme il a réponse à tout, il me rétorque qu'il pensait que c'était une bonne idée de tout me donner d'un seul coup (en gros, je lui devais une fière chandelle). Chacun son point de vue.

Dans un autre genre : j'avais déjà eu maintes fois l'occasion de remarquer que les objets que je laissais dans l'escalier ne montaient pas tout seul à l'étage. Innocemment, j'espèrais toujours que quelqu'un les y aiderait. Un jour, j'ai tenté une expérience : combien de temps un objet resterait-il dans l'escalier (en l'occurrence, un tube de dentrifrice dans son emballage, que Fiston2 m'avait demandé) ?
Au bout de deux jours, il n'avait pas bougé.
Au bout de trois, je l'ai posé deux marches plus haut : idem.
Alors, je l'ai mis au milieu de la marche. Trop sympa : personne n'a songé à marcher dessus, ils l'ont juste enjambé.
Quelques heures après, ils en ont eu marre de l'enjamber, ils l'ont mis sur le côté. Ado-rables !
À la fin de la semaine, de guerre lasse, je l'ai monté moi même.
J'ai retenté l'expérience avec divers objets (livres, cahiers, chaussures, rouleaux de PQ et même cadeau empaqueté) : le score affiche 100% de réussite.

À l'instar de l'oreille, l'oeil de l'ado aussi est sélectif. 
À mon avis, les organes sont de mèche pour passer automatiquement en mode économie d'énergie et se concentrer sur l'essentiel : les poils qui poussent.
J'vois qu'ça...

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3 décembre 2016

Daronne : elle renonce

"J'ai décidé de ne pas être candidate aux élections présidentielles".
C'
est en ces termes que Daronne a annoncé sa défection tout à l'heure à l'Agence France-Prouesse. Il est vrai que l'affaire du ballon de basket (lire l'article précédent) compromettait fortement l'intégrité morale de la candidate. Comment prétendre gouverner un pays quand on ne sait même pas retrouver un ballon de basket dans une cour de récréation ?
Les réactions sont diverses : au sud, on parle de décision "sage, réaliste, lucide, hautement respectable", tandis qu'au nord, on qualifie cela de "constat d'échec".
D'ici quelques heures, l'ex future candidate devrait se prononcer publiquement.

Elle renonce

4 octobre 2016

Éducation positive : TP n°1

Bonjour, et bienvenue pour le 2ème jour de notre stage en accéléré sur l'éducation positive.

Le Dr. Sophie Benkemoun nous rappelle que, si toutes les émotions sont légitimes, tous les comportements ne sont pas acceptables. Chaque acte que l’on pose a des conséquences, positives ou négatives. Si un enfant ne respecte pas la limite, il y a des conséquences ; elles doivent avoir un lien direct avec ce qu'il s’est passé, afin d'être constructives. On peut également donner le choix à l'enfant, dans un cadre défini, pour qu'il assume la conséquence de ses actes, en quelque sorte.

Toute éducationnée positivement que je suis, je décide de mettre en pratique plusieurs "trucs" en classe dès le lendemain. Et ça fonctionne !

À un élève qui bavarde avec un autre, je dis : "Kevin, tu as deux solutions : soit tu continues à bavarder avec ton voisin (comportement) et je serai obligée de te changer de place pour pouvoir continuer mon cours (conséquence), soit tu restes à côté de lui en te taisant, c'est TOI qui choisis". Il se tait immédiatement : magique !

Je retente le coup à l'heure d'après : "Laetitia, tu as le choix : soit tu apportes ton cahier la prochaine fois pour pouvoir travailler convenablement, soit tu reviendras copier ta leçon pendant une heure de colle parce que c'est le "tarif" que j'applique pour trois oublis de cahier, et tu l'as déjà oublié deux fois. TU choisis". Elle semble tout à fait d'accord avec cette logique : formidable !

Je ne leur ai pas encore fait le coup de la maison à deux étages. Vendredi après-midi, en dernière heure de la journée, après m'avoir poussée à bout, Jules m'en donne l'occasion : à sa énième provocation, je lui rétorque avec une compassion teintée de cynisme vitriolé, depuis mon rez-de-chaussée à moi : "non mais t'inquiète, c'est normal que tu réagisses comme ça, t'es pas fini".
(...)
Boooouuuuuhhhhh ! J'y arriverai jamais !

Education +

PS : le premier qui me fait une réflexion (comportement) s'en prend une (conséquence).

10 septembre 2016

À fond la (ré)forme !

En tant que professeure (quelle horreur ce "e" à professeur, je ne m'y fais pas !) principale, je dois voir une élève pour lui remettre des papiers. Imaginez la scène : je pense à voix haute (c'est passionnant, vous allez voir) :

   Bien bien bien (je dis ça quand je suis pleine d'entrain, persuadée que ça va m'aider à structurer mes tâches). Alors, il est où l'emploi du temps de ma sixième (genre quelqu'un va me répondre...) ? Ah ! Ça y est, je l'ai trouvé (je suis sûre que vous vous réjouissez pour moi). Bon, alors, on est en semaine A ou B ? Rhhooo, j'ai la flemme de me lever ; par chance, le carnet de Fiston2 est à côté de moi, je vais regarder vue de nez, j'économise bien 2-3 mètres, ça vaut le coup). Zut, c'est vrai, dans son collège, c'est pas les semaines "A" et "B", c'est "Paires" et "Impaires" (Et passe ? Ha ha ha ! Je suis joueuse. Et toujours pleine d'entrain). Bon, j'ai compris, je me bouge les fesses pour aller consulter ce fichu calendrier des semaines propre à mon bahut, mais pas à celui des villes voisines, bien évidemment, ça serait trop facile.
   Alors alors alors (je dis ça quand je commence à être speed, persuadée que ça va m'aider à structurer mes tâches), on est en semaine B. Qu'est ce qu'elle a le vendredi de 12h45 à 13h45 en semaine B cette brave Eloïse que je ne connais pas encore ? Elle a..., elle a... attends (genre quelqu'un va partir si je mets trop de temps), mais qu'est ce que c'est que ce binz (à ce stade, je suis encore vaguement polie) ? Ouh la la, alors attends (oui oui, j'attends toujours, je vais pas me dédoubler, t'inquiètes). En semaine A elle aurait français, mais là, on est en semaine B, donc ça dépend. Deux solutions :
a) Elle fait partie du groupe 1 : elle a AP (= aide personnalisée) en Techno.
b) Elle fait partie du groupe 2 : elle a AP en SVT.
Mais comment savoir si elle fait partie du groupe 1 ou 2 ? Je regarde la liste alphabétique. Deux solutions :
a) Son nom de famille va de la lettre A à J : elle fait partie du groupe 1.
b) Son nom de famille va de la lettre K à Z : elle fait partie du groupe 2.
OK. Ah oui, mais crotte (là, mon langage se familiarise), pour l'AP, c'est pas pareil, ça dépend de leur niveau puisque, comme son nom l'indique, c'est personnalisé. Donc il faut que je demande au prof de Techno. Ou au prof de SVT. Et merde.
   Euh... Je pense à un truc là, moi qui voulais faire des groupes par affinités pour l'heure de vie de classe, c'est peut-être pas une bonne idée finalement... La petite Eloïse va avoir mal à la tête (déjà moi, ça commence) : alors, je suis dans quel groupe dans l'ordre alphabétique, le 1 ou le 2 ? Et pour l'aide personnalisée, c'est lequel, le premier ou le deuxième ? Et pour la vie de classe, c'est le groupe orange ou le groupe bleu ?
   Bordel (oups, ça devient carrément vulgaire...), 25 minutes que je galère là dessus, tout ça pour remettre à une élève que je ne connais même pas un putain de papier qu'elle va galérer à faire remplir par ses parents, parce que les parents, bordel, ils ont autre chose à faire que remplir ces putains de petits papiers qui ne servent à rien d’autre qu’à détruire les arbres de la planète et qu’à cause de ça, y’a le réchauffement climatique, et patati et patata (cf. l'article "Avant-après" du 5 septembre dernier)...

Je crois que je vais attendre lundi matin finalement pour lui remettre son papier ; en 1ère heure, elle a Histoire-Géo en classe entière.

En attendant, je prendrais bien une molécule de paracétamol, moi, tiens.
Un cacheton ? À fond la (ré)forme !

À fond la (ré)forme

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27 juillet 2016

Attrapez les tous !

Retour de vacances pour Fiston2. 15 jours qu'il n'a pas vu son frère. Les retrouvailles sont des plus joviales. Les deux frérots discutent toute la soirée. Fierté de Daronne de voir sa progéniture ainsi complice. Le lendemain, les deux frérots se réveillent aux aurores, à 10h30 (eh oui, ce sont des z'ados...). Ils mettraient presque le couvert sans qu'on leur demande. Avec Monnome, on croit rêver. Tout juste s'ils ne débarassent pas avec le sourire. Je commence à trouver ça louche. A 14h, en plein cagnard, ils me demandent la permission d'aller "en ville" à vélo (15 kms aller-retour). Je suis ravie qu'ils se bougent, mais je leur rétorque qu'avec cette chaleur (37 degrés au bas mot), c'est presque dangereux. Ils me repondent qu'il y a des arènes en ville. - Des quoi ? - Des arènes pour Pokemon. - Hein ? - Mais si Maman, tu sais, le jeu Pokemon GO qui va bientôt sortir en France (on est en France !), on l'a téléchargé (c'est légal ça, si le jeu n'est pas encore sorti en France ?), et on attrape des Pokemon partout. A ce moment là, Fiston1 me dit : - T'en as un sur le genou ! - Un quoi ? - Bah, un Pokemon !
Alors c'est ça, la réalité augmentée ? J'aurais un Pokemon sur les genoux à l'insu de mon plein gré ? Nom de Zeus, c'est flippant.
Alors j'écoute mes fistons. De doux noms de cartes -à l'époque c'était les cartes- reviennent à mes oreilles, une octave plus bas (les z'ados ont mué depuis) : Dracaufeu, Bulbizarre, Evoli, Lucario, Magneti, Nidoran, Ronflex... Ces fameux "Pocket Monsters" que j'ai fustigés avant même de les connaître (- encore une invention de ces geeks de japonais !), puis sur lesquels je me suis penchée pour découvrir que c'était une invention assez chouette (- c'est vrai qu'ils sont mignons), pour finir convaincue que c'était pédagogique pour les gamins (- c'est génial, on révise nos racines latines en plus avec eux !).
Ces monstres sont plutôt pacifiques, ils ont des forces, des faiblesses (au diable la perfection), ils peuvent évoluer (métaphore de l'enfance, de l'adolescence et de l'âge adulte ?). Des dresseurs parcourent le monde pour en attraper le plus possible (d'où le slogan "Attrapez les tous") et les faire combattre dans des arènes dans lesquelles ils ne meurent même pas (au diable la violence), mais sont juste KO, et sont soignés si besoin dans une sorte d'hôpital pour Pokemon.
Alors certes, c'est étrange de voir tous ces vrais humains parcourir leur lieu de vacances, les yeux rivés sur leur portable, à la recherche de petites bestioles virtuelles, mais reconnaissons le, c'est un moyen pacifique, ludique et sportif (mes z'ados font presque 10 kms par jour à pied depuis qu'ils ont téléchargé l'application !) d'être geek.
Et comme je l'ai lu ces jours-ci dans un journal : "Nos mères veulent nous voir jouer dehors depuis 20 ans, Pokemon GO a réussi en un jour !"

Pikachu

7 octobre 2016

Éducation positive : bilan

Nous sommes au regret de vous annoncer que, suite à un syndrome d'épuisement physique et mental lié à un excès de stress et de manque de considération, dû à la blonde qui prenait deux places avec son gros 4x4 de merde sur le parking de Auchan pour pas qu'on lui raye sa jolie peinture de merde et qui ne sait pas conduire (lire le billet "Education positive : TP n°3"), notre blogueuse est dans l'incapacité d'assumer le dernier jour du stage.

Elle a besoin de repos et je vous prierai de ne pas la déranger pendant quelques jours. Merci.

Pouce bandé

 

 

7 août 2016

Xyloglossie

Extrait d'un courrier rédigé pour essayer d'orienter un élève de 4ème vers une structure en alternance.

En noir, la langue de bois...

   "Après concertation avec l'équipe pédagogique de la classe [Les collègues, vous charriez, y'en a qu'un qui m'a rendu le papier !], Z. apparaît comme un élève attachant, drôle, spontané [hypra chiant] bien qu'un peu pénible [ingérable] car difficile à canaliser dans une classe. Il est noté des difficultés de concentration et une attitude provocante qui nous révèle que Z. n'a pas vraiment sa place dans une structure classique de collège [je vous en supplie, prenez-le !]. Ses résultats scolaires sont très faibles, non par manque d'intelligence [enfin moi, c'que j'en dis...], mais par un manque d'intérêt, un manque de travail et de motivation en classe évident, et une absence totale de travail à la maison [il faudrait qu'il y soit, déjà, à la maison !].
     Pourtant, Z. prétend se plaire au collège. En effet, il est assidu en cours [Mme la CPE, un pneu crevé si tu caftes] et semble entretenir de bonnes relations avec ses camarades [pas plus tard qu'hier, il vendait encore des portables tombés du camion aux petits 6èmes en leur faisant une ristourne, alors...].
     Vu son âge "avancé" pour une classe de 4ème [à son âge, bordel, j'étais en 1ère !], je lui ai proposé un RV avec la Conseillère d'Orientation Psychologue, qui l'a reçu le 23 novembre dernier, avec sa mère. Les parents semblent se montrer soucieux de son avenir ["Qu'est-ce qu'on va faire de toi mon fils, tu veux finir à ramasser les poubelles ?"] et sont impliqués dans son éducation. Ils sont à l'écoute des conseils de l'équipe pédagogique et sont très coopérants ["Quoi, t'es exclu ? Chérie, va chercher la ceinture, je vais lui apprendre la vie !"].
     Z. est intéressé par les propositions faites par la C.O.P. ["C'est bien payé les stages ?"] et il aimerait, dans l'idéal, intégrer un cursus scolaire alternant entreprise et scolarité traditionnelle [six mois en entreprise et une semaine au collège en alternance, vous faites aussi ?]
. Sa maturité et ses qualités relationnelles sont des atouts pour lui. De plus, il est très sympathique en relation duelle, face à l'adulte ["Wesh ! Ça s'fait pas M'dame d'aller voir mes parents chez eux quand vous voulez leur parler, chais pas c'est qui qui vous a dit d'aller squatter chez moi !"].

Malheureusement, il n'a pas été pris [Ils l'ont pas pris, ces bâtards].

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21 août 2016

Maux d'excuse

- Mot d'excuse : "Madame, Je vous explique tout les retard est asbence de mon fils N. C'est asbence sont du à son reveil c'est retard aussi. Exuse nous N. à était recadrée. Merci de votre corpehension."

- Maux d'excuse : "Ma fille n'a pas été là hier pour cause de pied droit"

-
"Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour avoir sorti mon devoir maison de maths, je ne copiais pas car j'avais fini. Je vous le promets, je ne recommencerai pas, je voulais juste demander à un camarade supérieur pour essayer d'avoir une note convenable pour remplir le coeur de joie de mes parents [je vais pleurer]. Je vous en supplie, s'il vous plaît, pouvez-vous me le rendre. Je ne recommencerai plus jamais. En espérant que vous donnerez une suite favorable à ma demande, avec l'assurance de mon plus grand respect." [Ça y est, je pleure.]

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9 juillet 2016

Amis de la poésie, bonjour !

Altercation entre deux élèves (l'un porte un appareil dentaire et l'autre a d'épais sourcils) :
- Eh, tu veux quoi wesh avec tes dents de Bugs Bunny ?
- C'est ça, wesh, vas-y, vas te raser les sourcils.
- Ouais, mais moi j'ai pas des rails au moins.
- Et toi, pour te raser, il te faut une tondeuse à gazon wesh !

Deux élèves conversent :
- T'as pété ?
- Ta mère, c'est toi qu'a pété, pourquoi t'ouvres ta bouche ?

- Ferme ta gueule, la vie de ma mère, c'est toi qu'a pété !
- C'est pas moi.
- Sur l'Coran, c'est toi qu'a pété.

Un élève, devant le regard insistant d'un camarade : - Tu veux quoi, tu te prends pour mon conseiller financier ?
Réponse : - Ta gueule sale bâtard.

En plein cours, un élève, de but en blanc, à son copain : On dit le bite ou la bite ?
Je me permets de répondre : On dit la bite, avant de continuer mon cours comme si de rien n'était.

Pendant l'appel, un élève m'interrompt : Madame, vous m'avez sauté !

Deux élèves s'embrouillent : - Toi j'ai remarqué, tu prends trop la confiance, dégage ta race.
- Qu'est-ce t'as toi, avec ton cheveu qui dit "laisse-moi tranquille" !

Un élève, observant la pluie par la fenêtre : - Putain, comment il flotte sa mère !

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29 juin 2016

Filloute : les présentations

(Vous avez vu sur la photo, cette lueur d'intelligence au fond des yeux ? C'est tout sa mère, ça !)

Filloute est une personne tout à fait singulière. Mais comme tout un chacun, elle a des qualités et des défauts.
Pour les qualités, il serait tentant d'en établir une liste exhaustive, mais je suis limitée à 15800 signes par article, ça va être difficile.
Ce qui est sûr, c'est que je l'aime jusqu'au plafond, jusqu'au ciel, jusqu'aux étoiles, jusqu'à la galaxie jusqu'à l'infini.
Pour les défauts, j'ai beaucoup cherché, et j'ai fini par en trouver un, qui se résume à une phrase : elle a de la suite dans les idées (et encore, c'est presque une qualité).

Pardon ? Que dites-vous ? Sur un piédestal ? Filloute ? Nooooon, pas du tout, je suis tout à fait objective, pourquoi ? (pffttt... quel con celui-là !)

Dessin de Filloute Février 2013

24 juin 2016

Monnome : les présentations

(Je vous rassure, ce ne sont pas ses vrais cheveux sur la photo.)

Monnome est un être tout à fait singulier. Mais comme tout un chacun, il a des qualités et des défauts.
Parmi ses qualités, j'en retiendrai trois (pas plus sinon vous allez me le piquer) : il est galant (il me laisse toujours changer les ampoules pétées en premier), il m'a fait connaître Maurice (l'île, pas le boucher du quartier), et ses supers amis sont tous devenus mes supers amis (c'est pas si courant que ça, paraît-il).
Pour les défauts, il serait tentant d'en établir une liste exhaustive, mais je suis limitée à 15800 signes par article, ça va être difficile. Alors je n'en divulguerai qu'un seul : il exècre tous les mots ou groupes de mots qui contiennent le mot attente : file d'attente, salle d'attente, liste d'attente, monte la tente, on va déjeuner chez ma tante, etc... ce qui nous amène parfois à des situations fort cocasses (suspense...).

(Dites bonjour au monsieur bande de malpolis !)

L'oeuf de Fiston2

27 juin 2016

Chihuahua vs Pitbull (épisode 1)

Un collège paisible des Yvelines, cours de musique, vendredi 8h30-9h30, classe de 6°

Les 27 élèves, un par un : Bonjour Madame, Bonjour Madame, Bonjour Madame
La prof fait l'appel : Mélanie B. ? Présente, Jean-Baptiste B. ? Présent, Arthur B. ? Présent, Jérémy B. ? Présent… (27 fois).
La prof : Bien, quelqu’un a-t-il oublié ses affaires aujourd'hui ? Aucune réponse.
La prof : Très bien, nous allons commencer par la flûte ce matin (c’était encore autorisé par la loi à l'époque). Les (27) élèves en chœur : Ouuaais ! On répète le morceau. La prof : Qui veut être évalué aujourd'hui ? Les (27) élèves : Moi !
Plus tard, un élève lève la main : Madame, est-ce-que je peux demander de la colle à mon voisin SVP ? La prof (Je rêve ! Ils vont bientôt me demander la permission de respirer !) : Oui, oui, bien sûr.
Maintenant, nous allons chanter. Les (27) élèves : Ouuaais ! Le chant est nickel chrome.
La prof : Et maintenant, nous allons écouter un extrait d'opéra de Puccini. Les (27) élèves : Ouuaais ! L'audition se déroule sans problème. Les élèves sont très attentifs. Pourtant, Céline lève la main : Madame, vous ne pouvez pas dire à Jérémy et Alexis de faire moins de bruit ? Ils n'arrêtent pas de parler ! La prof (Ah bon ? Mais j'ai rien entendu !), d'une voix autoritaire : Allez, Jérémy et Alexis, n'empêchez pas les autres d'écouter tranquillement la musique, sinon je vais être obligée de me fâcher.
La sonnerie annonçant la fin de l'heure retentit. Un élève : Madame, on peut sortir ? La prof : Oui oui, bien sûr.
Quelques élèves s'attardent autour de mon bureau. Jean-Baptiste me demande : Madame, on va en écouter beaucoup de musique classique ? La prof : Oui, pourquoi ? L'élève : Parce que c'est beau, j'aime bien ça. La prof (Mais oui, c'est ça, fayot) : Allez, c'est bien Jean-Baptiste, mais dépêche-toi, tu vas être en retard au cours de maths.

En attendant la classe suivante, je baille un coup.

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3 octobre 2016

Éducation positive : présentation

Bonjour et bravo ! Vous n'avez rien demandé, mais vous avez été selectionnés pour un stage intensif de 5 jours sur l'éducation positive, pendant lequel nous développerons dans un premier temps la théorie, dans un deuxième temps la pratique.

Pourquoi ce stage ? La semaine dernière, j'ai assisté à une conférence de Sophie Benkemoun (fondatrice de l'Atelier des parents) sur l'éducation positive. J'ai hésité à y aller, parce que j'avais déjà lu beaucoup de choses sur le sujet (t'as qu'à voir le résultat), puis je me suis dit que ça me servirait non seulement pour la vie de famille mais aussi pour le boulot. La soirée rentable, quoi.

Pour faire court : Sophie Benkemoun compare le cerveau à une maison à deux étages. En bas : le rez-de-chaussée (réflexes et émotions), acquis dès la naissance, en haut : le premier étage (réflexion, sens moral, empathie, etc), en développement jusqu'à 25-26 ans environ.
Déjà, je comprends mieux l'expression "elle n'a pas la lumière à tous les étages".
En outre, je pense à toutes ces personnes qui ont des maisons de plain-pied...
Donc, pas la peine de donner des conseils, de juger ou de critiquer un ado à l'âge des poils qui poussent, le maçon n'est pas encore arrivé pour l'extension du premier étage (pour mes z'ados, j'ai envie de prendre Monsieur Ribeiro, pour sa double expertise en bâtiment et en poil).

C'est ainsi que, perdue dans mes pensées sur les bienfaits de l'exploitation de ses propres enfants, mineurs de surcroit, tandis que ma fille me masse le dos et les cheveux, j'explique à Monnome le coup de la maison à deux étages et des différentes parties du cerveau. Je m'interromps pour demander à Filloute (laquelle n'a pas perdu une miette de notre conversation) : Mais où as-tu appris à masser si bien, toi ? Et elle de me répondre : Ben, dans mon cerveau ; mais là maman, on n'est pas au rez-de-chaussée, on est dans la catégorie "gratte-ciel" ! Je l'aime.
En fait, c'est elle qui m'élève positivement.

Demain, exercice pratique n°1 (ça vaut son pesant de cacahuètes*).

Education ++

 * C'est pas vrai, mais j'aime bien cette expression

28 juin 2016

Chihuahua vs Pitbull (épisode 2)

Un collège chaud bouillant des Yvelines, cours de musique, jeudi 11h30-12h30, classe de 6° (oui, de 6°)

Les élèves, tels des lièvres en rut en Mongolie du Sud, entrent avec pertes et fracas dans la salle. Je ne fais pas l'appel, j'essaie de vérifier grosso-modo que Abdellah, Hakim, Melek, Mickaël, Hamed (j'oubliais : celui-ci s'est fait virer car il a enflammé un torchon imbibé de white spirit en plein cours d'arts plastiques), Karim, Anaïs, Fatimata, Fatoumata, Stéphane, Marina, Borivann, Sikhou et Diako sont là, mais c'est difficile car ils bougent tout le temps !
Un élève : Eh M’dam', keskonfé aujourd'hui ? Pas de la flûte j'espère, car c'est le Ramadan et quand c'est le Ramadan, on n'a pas le droit de porter quelque chose à sa bouche.
La prof : Et quand tu fumes, tu portes bien quelque chose à ta bouche n'est-ce-pas ? L'élève : Ouais zyva ! Eh Madame, ça s'fait pas ! Keske vous en savez si j'fume ? Eh j'fume pas moi Madame, j'aime pas qu'on m'insulte !
La prof : En tout cas, tu m'apporteras un mot de tes parents qui te dispense de jouer de la flûte pendant le Ramadan. Le relou : Ouais zyva ! Mon père si j'lui demande de faire un mot, il va me le faire pour toute l'année, il trouve ça débile la flûte, ça sert à rien. La prof : Tu m'apportes un mot juste pour le Ramadan, ça suffira. Le chieur : Ouais zyva ! Mon père y sait même pas écrire !
Un autre élève : Eh, Madame, vous z'avez pas maigri ? Vous faîtes un régime ? Silence de la prof. Le même : Ouais parce qu’au début de l'année, quand vous êtes arrivée, vous étiez obèse (faut pas exagérer, je viens juste d'accoucher Ducon).
Deux élèves entre eux, dans une conversation dont j'entends des bribes : Ouais bouffon, t'as qu'à l'niquer, mais t'es trop carotte, on t'souffle dessus, tu t'envoles comme une poussière connard.
Je sors mon alto, apporté pour leur montrer un instrument de la famille des cordes frottées. Diako (sérieusement) : Eh Madame, ça marche avec des piles ? Toute la classe : Ouououhhhh ! Il est trop carotte le pauvre ! Diako (encore plus sérieusement) : Ben quoi, le piano, il marche bien avec des piles ! Je continue la démonstration et leur parle du luthier Stradivarius et du prix de ses instruments. Jimmy : Non mais franchement, Madame, sans blague, si on vous dit "Je vous offre une maison ou je vous offre un Stradivarius", vous, vous choisserez quoi ? Faut être malade grave pour mettre autant de thune dans un violon !
La prof : Abdellah, arrête de taper sur le gong, retourne à ta place ! Abdellah : Eh Madame, j'ai rien fait, je vais juste jeter un papier à la poubelle et ça y est, tout d'suite, c'est ma faute.
La prof, fatiguée : BON-ALORS-MAINTENANT-VOUS-ALLEZ-M'ECOUTER-SINON-J'EN-PRENDS-UN-ET-JE-LUI-FAIS-AVALER-SA-FLUTE-PAR-LES-TROUS-DE-NEZ ! La classe, intriguée : Ouais, carotte ! Un élève ose : Eh, vous zavez pas l'droit Madame !
L’œil sur la trotteuse de leur montre pour faire le compte à rebours des 5 dernières secondes, les élèves sont prêts à bondir telle une horde de Français le jour des résultats du Brexit.
Drrriiiinnnggg !

Un quart de seconde plus tard, la salle est dévastée (moi aussi), mais vide (moi aussi)...

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6 octobre 2016

Éducation positive : TP n°3

En ce 4ème et avant-dernier jour de stage, nous allons aborder le sujet qui nous rassemble sous un angle un peu différent.
Ce volet de stage pourrait s'appeler "Éducation positive : l'exception" ou encore "Éducation positive : faut pas pousser mémé dans les orties non plus".
En effet, Sophie Benkemoun peut bien dire ce qu'elle veut, il y a un endroit où les principes de cette éducation sont absolument inapplicables : la voiture. Le No man's land de toute courtoisie.

Au mec qui se gare devant votre garage, vous empêchant de sortir alors que vous êtes à la bourre et que vous avez cours dans 10 mn, êtes-vous capable de dire quand il revient : Mon bon Monsieur, vous avez raison, votre temps est sans doute plus précieux que le mien (c'est un invité, ne l'oubliez pas). Allez-y, je vous en prie. Ça a dû être difficile à vivre pour vous, de ne pas trouver de place au moment où vous l'auriez souhaité (le fameux miroir émotionnel). Vous me direz, je n'avais qu'à partir plus tôt franchement, voilà ce que c'est que d'être à la bourre, sotte que je suis, ha ha ha ! Mais oui, après vous... je n'en ferai rien...
Avouez : un doigt, ça défoule davantage (le tout sans ouvrir la bouche, comme ça, on évite les paroles blessantes, déplorables pour l'estime de soi)
Conseil : pour le doigt, attendez néanmoins que le conducteur vous ait laissé sortir, parce que sinon, vous allez la fermer votre bouche. Pour l'éternité.

Et le gars qui déboite sans prévenir, hein ? Il lui arrive quoi au mec qui déboite sans prévenir ? Il a le même clignotant que Monnome ou quoi ? JE SUIS PAS DANS TA TÊTE DUCON POUR SAVOIR SI TU VEUX ALLER À GAUCHE OU À DROITE BORDEL ! T'ES PAS TOUT SEUL SUR TERRE !
Précision : au rez de chaussée, le vouvoiement n'existe pas.

À la blonde qui prend deux places avec son gros 4x4 de merde sur le parking de Auchan pour pas qu'on lui raye sa jolie peinture de merde et qui ne sait pas conduire, on lui fait quoi pendant qu'elle est allée se faire manucurer les cheveux au laser, hein ? Eh ben, à la blonde qui prend deux places avec son gros 4x4 de merde sur le parking de Auchan pour pas qu'on lui raye sa jolie peinture de merde et qui ne sait pas conduire, et ben on prend sa petite clé de petite voiture de prof de merde, et on lui raye sa voiture, VOILÀ CE QU'ON LUI FAIT, À CETTE CONNE, COMPRIS ?
(Avertissement : ouh la la, elle n'a plus l'air de blaguer, la blogueuse, là !)

Méfiez-vous, je suis même plus au rez-de-chaussée là, vous voyez ; je suis descendue à la cave.
Pire, je suis en enfer !
ARGGGHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!

oui-oui

PS : Ganesh, fais pas l'innocente : tu n'as pas de 4x4 et tu n'es pas blonde, mais je sais que tu te gares sur deux places sur le parking de Auchan pour pas qu'on abime ta voiture, c'est toi qui me l'as dit. ALORS ÇA SUFFIT COMME ÇA MAINTENANT !

1 mai 2017

Raplapla

Fiston1 est chargé de s'occuper de la musique dans la voiture.
Du rap.

Des bribes de paroles m'arrivent aux oreilles...

Oh shit, oh shit [ouh la la, ça commence bien...].
Oh shit, j'rappe comme un OG [un OG, quesako ? L'Observatoire de Genève ? Une Organisation Générale ? Renard en feu m'éclaire discrètement sur mon naïfone : ça serait plutôt un Original Gangster.]

Personne me met hors-jeu, j'baise tout comme dans orgie [ben mon cochon, faut pas s'en faire !]
(...)

Bang bang ! Headshot, les tâches c'est pas du ketchup [Eh ! C'est pas du ketchup, mais c'est peut-être de la framboise... ou de la cerise, hein ? Qu'en dis-tu ? Ça tache la cerise, tu sais... Enfin moi, c'que j'en dis...]
(...)

J'la fume pure et j'tousse pas, j'bois le sirop et j'tousse pas [ben pourquoi tu prends du sirop puisque tu ne tousses pas ? J'y comprends rien !]
(...)
Nan, me dis pas ton nom, j'en ai rien à foutre [c'est dingue, je ressens exactement la même chose que toi !]
Je suis occupé, je dois compter et recompter tous mes billets verts [nan mais t'inquiète, je passais là par hasard, je vais pas rester... Tu joues au Monopoly ou quoi ? ]
Jusqu'à c'que mes doigts saignent
J'pense qu'à m'faire du biff, qu'à m'faire des femmes [Gloups]
(...)

Fuck le game, chez nous personne ne joue, man [Eh oh, ça va, je croyais juste que tu jouais au Monopoly, tout le monde peut se tromper, non ?]
Si j'en avais quelque chose à branler de c'qu'ils pensent ce serait la hchouma [Tu rigoles ? Pour l'instant, c'est plutôt moi qui commence à l'avoir, la hchouma...]
(...)

Nos machins dans ta ch... pour qu'tu couines, bitch [Les enfants, vous pouvez ouvrir la fenêtre svp ? Je ne me sens pas très bien...]
J'te pardonne d'être naïve, mais pas d'être conne
T'façon rien à foutre de ta iv' tant qu'ma batte d'herbe cogne
(...)
Mon proprio a augmenté les charges [ah ben voilà, t'as le seum, fallait le dire tout de suite mon gars, on peut comprendre que tu aies des problèmes dans la vie, mais c'est pas une raison pour écrire des cochoncetés !]
Faut qu'tu cliques, faut qu'tu télécharges
Mais le son mets-le en repeat
Repeat repeat repeat
Mais le son mets-le en repeat
Repeat repeat repeat
Mais le son mets-le en repeat
Repeat repeat repeat [euh... comment dire... non, ça va aller comme ça, merci bien.]

Ouf, c'est fini.
Mais comment c'est possible ? Fiston1, mon fils, la chair de ma chair, qui écoute ces paroles ? Pourtant, j'vous jure, on écoutait "Petit escargot" en boucle quand il était petit ! C'était hier ! 

Daronne à Fiston1 : dis-donc, tu n'aurais pas du rap américain plutôt ?
(Avec mon niveau en anglais, au moins, je suis tranquille..)

Rap

18 novembre 2016

Machienne : les présentations

Machienne est la chienne de la famille. Pourquoi un chien alors que j'avais juré que je n'en aurais jamais ?
Un phénomène paranormal, peut-être. Et puis Fiston2 a ses raisons que la raison ignore.

   Niveau ménagerie, on avait déjà donné dans le poisson rouge (suicidé du bocal), les hamsters (morts à la date de péremption), on a zappé la case chat (Fiston1 est allergique), et comme on n'est pas trop NAC à la maison, le chien s'est imposé naturellement.

   Je vous passe l'étape SPA et ses doux euphémismes figurants sur les fiches descriptives des animaux, genre Éducation à revoir (tu lui dis "Assis !", il te saute dessus), Propreté non assurée (préparez la serpillère pendant les 3 prochains mois), Sociabilisation en cours d'acquisition (il grogne sur tout ce qui bouge), Tempérament joueur (planquez toute chaussure à 10 kms à la ronde)... Bref, Machienne m'a tapé dans l'oeil parce qu'elle avait l'air calme. Elle vient de Guadeloupe et effectivement, elle est feignasse calme. Et puis, elle était petite, c'est ce qu'on souhaitait : "Oui oui, euh... non, elle ne grandira pas trop" qu'y disaient (elle pèse 25 kgs au bas mot).

   On dit "une vie de chien" pour décrire une vie misérable, mais qui a déjà eu un chien domestique sait que c'est une contrevérité ! Observez un chien 24 heures et vous saurez qu'un chien n'a absolument pas une vie de chien ! C'est même une belle leçon de vie. Le chien, il a faim : il mange. Il a soif : il boit. Il est fatigué : il dort. Belle-maman arrive : il lui sent le derrière. Il veut sortir : il se met devant la porte. Tu ne veux pas sortir : il attend devant la porte. Carpe horam, telle est sa devise.

   Machienne a une oreille incroyable, mais sélective : si tu lui dis "Tapis !" alors qu'elle est montée sur le canapé interdit, elle fait mine d'être en sommeil profond, mais si tu déposes délicatement la moitié d'un bout de jambon dans sa gamelle, elle se réveille d'un bond. Fascinant.

   À vrai dire, le parallèle avec les z'ados est tentant (pour l'oreille sélective, c'est même bluffant : mes z'ados entendent très bien quand je dis "À table !", mais pas du tout quand je dis "Vous pouvez aller vider les poubelles SVP ?"), à un détail près : ils ne sentent pas encore le derrière de leur grand-mère quand elle vient à la maison. Ouf.

Machienne

26 juin 2016

Une fonctionnaire qui apprend à fonctionner

     Quelques années après le fameux entretien d'embauche, CAPES en poche, me voilà nommée remplaçante dans l'académie de Versailles (j'avais demandé Bordeaux, Poitiers, Nantes, Rennes et la Martinique...). Le statut de remplaçant donne le "privilège" de recevoir chaque année une nouvelle affectation sur un, deux ou trois collèges en même temps. Cette année là, je suis nommée sur deux établissements, un très tranquille et un très difficile (le pire que j'aie jamais connu). Pour autant, ce dernier n'est pas classé en ZEP, va savoir pourquoi.
Un matin, en arrivant dans le collège difficile, j'apprends qu'il y a eu en quelques jours :
- Un pare-brise de voiture brisé (pas le mien, ouf !), un autoradio piqué (pas le mien, ouf !).
- Des élèves qui ont lancé des fumigènes dans les couloirs après la récréation de 10H30 (impossible de monter dans les classes).
- Une jeune collègue de 22 ans qui a affiché une lettre de démission de 4 pages en salle des profs pour dire combien elle nous admirait de faire ce boulot, mais que c'en était trop pour elle (à sa décharge, elle s'était reçue un pot de yaourt sur la tronche en plein cours).
- Une élève de 6ème qui s'est fait voler les clés de chez elle pendant le cours de sport. Le lendemain, sa maison est cambriolée (mais les parents n'osent pas porter plainte de peur des représailles...).
- Et pour couronner le tout, un élève qui, après avoir craché sur un professeur, a été exclu... avec sursis (même pas une petite heure de colle) !
J'en reste coite. Devant ma mine déconfite, une collègue me conseille de garer ma voiture avec le pare-brise arrière face à la cour "comme ça, si les élèves te l'abîment, tu pourras repartir, alors que si c'est le pare-brise avant, tu n'y verras plus rien !".
Waï (c'est mon cri de guerre) !
Je respire un grand coup, et monte dans ma salle ; un élève de 3° m'accueille en me demandant si je fais une dépression, histoire de me tester (je l'ai juste dé-testé).
Après 4 heures de cours harassantes, je m'effondre en larmes dans ma voiture en quittant l'établissement.

Pfffiouttt... On n'est pas rendu comme dirait l'autre.

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19 juin 2017

Événement de la plus haute importance absolue de la mort qui tue (de ouf)

Dans la vie, il y a des détails qui nous paraissent anodins mais qui sont vraiment très très graves pour d'autres. C'est le cas de ce non-événement qui a nécessité une grosse remise en question chez une maman (et un bourrage de boîte mail professionnelle).

Mail de la maman, mercredi 14 juin, 17h48 :
Mesdames, Monsieur,
L'ENC (l'environnement numérique du collège, NDLR) indique des erreurs sur les absences de A., alors que celle-ci était bien en cours :
- le 31/03/17 en musique et Techno
- le 20/04/17 en musique et en français.
Mon mari (sympas les conversations avec ton mec, dis-donc, ça fait rêver !) a téléphoné au collège pour faire corriger ces erreurs, sans succès. Sur les conseils de Mme F., je vous adresse ce message afin d'obtenir une correction.

Et nous autres, couillons de profs, au taquet :
Réponse de la prof de musique, mercredi 14 juin, 23h25 :
je me suis « amusée »  (oui, parce que j'avais que ça à faire un mercredi soir à 23h25) à remonter l’historique de l’ENC : en effet, le 20 avril, A. était absente du cours de musique puisqu’elle faisait visiter l’établissement aux CM2. Quand elle n’est pas dans mon cours, même si elle est occupée ailleurs pour une raison tout à fait valable, je suis dans l’obligation de la marquer absente. J’ai essayé de modifier, ce n’est plus possible. Le principal est que vous sachiez qu’elle était bien au collège ! Quant au 31 mars, il y avait une grande répétition de la chorale à un horaire inhabituel, et elle avait sans doute cours à ce moment là.

Réponse du prof de techno, mercredi 14 juin, 23h50 :
Après vérification, A. est bien notée absente pour un motif dit "recevable". Avec un profil professeur, il nous est impossible de rectifier une absence une fois qu'elle a été traitée par la vie scolaire. De plus, deux mois et demi après, je ne peux pas affirmer qu'A. était bien absente ou présente à mon cours. Elle peut être absente à un cours mais présente au collège. Je ne sais pas bien quoi vous dire de plus (et encore, il est bien sympa d'avoir dit tout ça déjà !).

Réponse de la prof de français, jeudi 15 juin, 10h32 :
Je vous ferai la même réponse que mes collègues (avoue collègue : on t'avait bien mâché le travail, pas vrai ?) : A. a sans doute accompagné les CM2 ces jours là. Nous sommes obligés de la noter absente du cours pour de simples raisons de responsabilité. Si elle avait été absente ce jour du collège, vous auriez été appelée. La CPE pourra vous confirmer l'explication de l'absence d'A., si cela vous semble nécessaire (= si vraiment t'es une flippée de la vie).

Réponse de la maman, jeudi 15 juin, 11h29 :
Je vous remercie pour vos recherches et vos promptes réponses. Je les comprends de votre point de vue d'enseignants. Toutefois, je déplore que ce fonctionnement n'incite pas les enfants, ni leurs parents, à autoriser des activités autres que le cours classique en salle (Et au fait, Madame, dis-moi tout : tu fais quoi dans la vie ? Tu bosses pas et tu t'ennuies, c'est ça ?).
J'espère juste que ces absences apparaissant non justifiées, alors qu'elles le sont par des activités organisées par le collège, ne pénaliseront pas A. dans son parcours futur (pas sûr qu'elle intègre l'ENA avec ça, la pauvre petiote).

Réponse de la prof de musique, jeudi 15 juin, 12h01 :
Ne vous inquiétez pas, ça n'apparaîtra pas sur son casier judiciaire.

Elle ne nous écrit plus depuis. Dommage, je l'aurais bien remerciée pour ce billet de blog.

Haute priorité

3 décembre 2016

Daronne : l'allocution

"Mes chers très cons patriotes,

Je m’adresse à vous ce soir pour vous faire connaître la décision que j’ai prise, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.
Dans la vie, il y a des épreuves, et ces dernières années m'en ont donné à vivre des difficiles, dont je suis sortie victorieuse car, face aux épreuves, j’ai pu avoir une capacité inépuisable de résistance devant l’adversité.
Par un devoir d'honnêteté envers vous, j
e vous dois une explication sur l'affaire du ballon de basket
(lire les articles précédents), dont les médias ont fait leur gorge chaude. Au moment où je m’exprime, le ballon a été retrouvé (il était tombé sur le casque intégral d'un type qui sortait du collège en scooter), et mon avocat Michel Jordant (parent délégué de la 4ème 4) a défendu mes intérêts avec brio (à la seule condition que son fils ait une moyenne au dessus de 17/20 toute l'année) et je l'en remercie. Pour avancer, il faut savoir se remettre en question. Oui, j'ai fait des erreurs. Une fois, j'ai même dit très fort à un élève : donne-moi ton carnet ! Je lui présente mes excuses.

À mes défenseurs, je reviendrais rapidement sur quelques points de mon programme, pour les consoler :
-
D'abord, Clermont-Ferrand comme capitale, c'était pas forcément une bonne idée : c'est une cuvette, il y fait chaud, et askip, ça pue le pneu.
- D'autre part, les ados, c'est vrai après tout, ils peuvent se bouger le derch pour se lever plus tôt, ces feignasses, s'ils n'étaient pas tout le temps sur leurs écrans.

- Et puis le mariage en CDD, de toutes façons, qu'on en prenne pour 3, 7, 15 ans ou toute la vie... ça reste un défi !

À mes détracteurs, je dirais :
- Les chocolatines, qu'elles soient à 10 centimes ou à 1,30 €, ça fait grossir pareil.

Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidate aux élections présidentielles. Voilà le message que j’étais venue ici vous adresser. Dans les mois qui viennent, mon devoir, mon seul devoir, sera de continuer à essayer de vous faire rire, en m’y consacrant dès que je chercherai à procrastiner devant mes tas de copies.

VIve l'arrêt public. Vive la France."

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13 septembre 2016

Céréales Killer

Il n'y a plus de cérales pour le petit-déjeuner de Fiston1 & Fiston2.
Le constat est fait depuis 3 jours.
Je suggère aux z'ados d'aller se ravitailler à côté.
La suggestion est faite depuis 3 jours.
Rien ne s'est passé depuis.
Je réitère la suggestion.
Personne ne bouge.
Devant mon insistance, Fiston1 se met à faire ses devoirs, ce qui lui permet de dire : "Ben non Maman, je fais mes devoirs" (pas con le gosse : pour les parents, c'est un argument qui ne souffre aucune contre-argumentation).
Je me tourne vers Fiston2 : le malheureux s'est brulé le doigt en sortant une tartine du grille-pain ; à l'entendre, c'est la fin du monde ; il ne peut absolument plus bouger le petit doigt (au sens propre, comme au figuré), sauf quand je lui propose de venir goûter le jus de groseille que je viens de concocter. En prenant le récipient, il le renverse. Ma cuisine devient maculée d'une pulpe rouge sang.
Il nettoie.
Je gueule.
Puis, en prenant un verre pour se verser le fameux jus de groseille (enfin, ce qu'il en reste...), il en fait tomber deux qui se brisent en mille morceaux. Si un fakir était passé par là (à dire vrai, ça fait longtemps que j'en ai pas vu dans le coin, mais bon, sait-on jamais...), il aurait pu venir marcher pieds nus dans ma cuisine pour développer une connexion entre son corps et son esprit.
Il balaie (Fiston2 pas le fakir).
Je gueule.
Il devient insolent.

Je culpabilise et je me trouve nulle comme maman d'ado.
Je fonce sur l'ordi pour écrire cet article et calmer mes nerfs.
Fiston2 arrive gentiment avec un verre de jus de groseille pour "rétablir le contact".
Il m'apporte le jus de groseille dans... un photophore.
Je l'aime.
Pour les céréales, je laisse tomber. Ils peuvent aller se les carrer où je pense. Après tout, c'est pour eux, pas pour moi.

Ben du coup, j'vous jure, Fiston2 est en train de faire les courses !

Céréales

1 juillet 2016

Passage à la trappe

Après quelques années à naviguer de bahut en bahut dans les Yvelines, le verdict tombe : poste fixe en ZEP + Zone sensible dans un des collèges d'une ville dont seule l'évocation du nom suffit à faire trembler le professeur le plus aguerri. Je chiale. Au pot de fin d'année de mon collège de chihuahuas, la principale me prédit que tout va bien se passer et m'assure que j'ai la poigne nécessaire. Je n'en crois pas un mot.
Je préfère jeter un voile, que dis-je, une burka pudique sur l'été qui s'ensuivit. Par chance, l'arrivée de Fiston2 prévue en octobre me laisse quelques mois de sursis supplémentaires. J'assiste tout de même aux journées de pré-rentrée pour me familiariser avec mon nouveau cadre de travail préparer psychologiquement. Au volant de ma voiture, je découvre la ville en éprouvant une étrange sensation d'exotisme. Un ailleurs à deux pas de chez soi... Je souris devant mon ignorance.
La bonne humeur de mes futurs collègues me frappe ; ils n'ont pas l'air déprimé, ni même dépressif. Pire : ils se marrent. Ils sont fous ! C'est parce qu'il n'y a pas encore d'élèves, me dis-je, ils feront moins les malins dans quelques jours
Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est avec un certain plaisir que je reprends en janvier le chemin du collège, en mode fierté du soldat envoyé au front pour sauver son pays (rien que ça !). Mon défi : enseigner en ZEP.
Ce jour là, je dois accompagner une classe à un forum des métiers. Je prends l'air dégagé, mais je n'en mène pas large. Je découvre Mohamed, Fadel, Safia, Asmahène, Faïçal, Cibelle, Karim, Dalale, Mohamed, Samia, Salahdine, Liliana, Cindy, Aïda, Célia, Betty, Mathias, Malika, Emilie, O'Neal, Hawa, Marine, Mylène et Wetsi. Dans le bus de ville, une ambiance bon enfant règne. Les garçons ont certes un look "banlieue", mais ils sont calmes ; les filles sont ravissantes et souriantes, et elles m'abordent très aimablement pour faire ma connaissance. Je les observe en douce, et je ressens tout d'un coup un immense respect envers ces jeunes. C'est le coup de foudre (comme tout coup de foudre, il sera suivi plus tard de quelques désillusions, mais pour l'heure, j'ai une farouche envie de les connaître).

Comme quoi, si je puis me permettre, il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu d'Allah pour des canards sauvages.

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7 juillet 2016

Daronne : les présentations

(J'ai fait un brushing pour la photo ; normalement, j'ai les cheveux bouclés !)

Alors, comme Toutinchakin, Daronne a des qualités et des défauts.
Dans mon cas, c'est un peu particulier ; j'ai grave les qualités de mes défauts et grave les défauts de mes qualités.
Je m'explique.
Par exemple, j'ai de la suite dans les idées = qualité, mais putain-quand t'as-quelque-chose-dans-la-tête-tu-l'as-pas-ailleurs (en français dans le texte) = défaut (enfin... apparemment).
Autre exemple : j'ai une autorité naturelle = qualité (reconnue d'utilité publique chez les mammouths), mais arrête-de-me-parler-comme-ça-je-suis-pas-ton-élève = défaut (à ce qu'il paraît).
Encore un : au niveau des mensurations. J'ai des mensurations de rêves : 110-60-90 = qualité, mais elles ne sont pas dans le bon ordre = défaut (pffttt... attends un peu que Rubens ouvre un compte Facebook).
Un dernier pour la route : j'ai du mal à reconnaître que j'ai tort = défaut (c'est ce qu'on dit), mais, c'est ballot, il se trouve que j'ai souvent raison = (y'a-que-celui-qui-a-raison-qui-trouve-que-c'est-une) qualité.

À part ça, j'adore jouer avec les mots à l'oral et à l'écrit depuis que je suis toute petite (formatée par les jeux de mots à deux balles de mon papa), j'aime rire, et j'adore la musique classique (Bach for ever).
Ce qui, finalement, pouvait se résumer à cette phrase, c'était pas la peine de faire tout ce baratin :
(Madame la) Daronne est "une prof de musique qui aime rire et jouer avec les mots depuis qu'elle est haute comme pom pom pom".

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5 juin 2021

Covid le lave-vaisselle

Logique adolescente ou distanciation sociale entre assiettes respectée ?
--> Débarrassage by Fiston2.

Lave-vaisselle

PS : pour ceux dont le sens aiguisé de l'observation aura fait remarquer que les couverts sont triés par catégorie, ce n'est pas Fiston2 qui fut à l'initiative de ce rangement, mais un de ses copains.

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